Face à des « inquiétudes existentielles », les sœurs Mietchka et Lilitchka reviennent aux sources. La première est fiancée mais doute de sa décision. La seconde hésite à déménager en Australie, bien loin de ses racines. « Pour la première fois en huit ans, la situation était telle que tout un été de cure au refuge s'imposait. »
Ce refuge est la maison de leur grand-mère Théodora, une demeure délabrée, envahie par la végétation et à l'écart du monde. Un lieu où le temps se suspend, subordonné à de menus travaux et la culture de citrouille, dans lequel se ressourcer avant de retrouver la réalité. Dans leurs quêtes de réponses, les deux sœurs sont rapidement rejointes par leur cousine Martha, revenue d'Inde et enceinte de jumeaux, et leur mère Maria, qui redoute de devoir un jour prendre la relève de sa mère comme gardienne du lieu.
Atmosphère paisible
Avec Demandez à Mietchka (traduit par Nikol Dziub, Les Argonautes, 4 septembre), l'autrice ukrainienne Ievhenia Kouznetsova signe un remarquable premier roman dans lequel les péripéties laissent place à une atmosphère paisible. Elle installe chaleureusement lecteur et lectrice dans son récit comme on s'installe soi-même chez une grand-mère, dans un havre de paix qui rappelle l'importance des liens familiaux et le besoin de posséder un refuge à soi.
Distingué par une mention spéciale du prix de littérature de l'Union européenne (EUPL) et première œuvre ukrainienne à entrer dans le catalogue des Argonautes, le roman est en cours de traduction dans plusieurs pays.
