L'hôtel hanté. C'est un hôtel sans nom, dont la légende s'exporte bien au-delà des paysages de marais et de brume qui en composent le décor. On raconte que, pour le bâtir, un étang a été asséché, dans lequel une femme, accusée d'être sorcière, a péri noyée. « Je reviendrai bientôt », aurait-elle gravé sur la porte de sa maison avant de mourir. Un ouvrier participant à la construction de l'hôtel affirmera avoir vu au bord de l'étang une femme tenant une lanterne, qui l'observait. « Ici, les morts reviennent, prophétise-t-il, et je crois qu'on reviendra nous aussi. » Car l'hôtel exerce une étrange attraction sur tous ceux qui s'en approchent. La chambre 63 en particulier, que certains clients réservent dans l'espoir de communiquer avec leurs proches défunts. Cette chambre, Grace la nettoie toujours et s'en méfie. « Les murs prononcent votre nom, on entend des pas, mais quand on se retourne, il n'y a personne. »
Portées par les voix d'une femme de chambre, d'une cinéaste, d'une jeune épouse accusée de sorcellerie et d'une enfant hantée par une amie imaginaire, ces quatorze histoires initialement écrites pour une série radiophonique forment un roman recueil délicieusement gothique. Ce genre imprégnait déjà Tout ce qui nous submerge et Sœurs (Stock, 2019 et 2021), les deux premiers ouvrages de Daisy Johnson, autrice britannique en qui le Times voit la possible héritière de Stephen King. À l'instar des fondations de ce lieu mythique, L'hôtel prend la forme d'un palimpseste, les différentes strates de son histoire s'accumulant au fil des récits de celles qu'il retient prisonnières, mêlant horreur, mystère et romantisme.
L'hôtel
Stock
Traduit de l’anglais par Laetitia Devaux
Tirage: 3 900 ex.
Prix: 19,90 € ; 192 p.
ISBN: 9782234097216