Des poids lourds de l’édition aux prestataires en micro-entreprise, tous les professionnels du livre devront bientôt adopter la facturation électronique. Cette nouvelle obligation concerne en effet toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, et porte sur toutes les transactions entre professionnels.
Pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI), l’obligation d’émettre des factures électroniques (e-invoicing) s’appliquera dès le 1er septembre 2026. Les PME et les micro-entreprises (y compris celles délivrant des factures sans TVA) ont jusqu’au 1er septembre 2027 pour se préparer. Attention toutefois : l’obligation d’être en mesure de recevoir des factures électroniques concerne toutes les entreprises, dès le 1er septembre 2026.
Pas de plateforme, pas de facture
Avec ce dispositif, l’État entend lutter contre la fraude à la TVA et améliorer la compétitivité des entreprises grâce à la dématérialisation. Car par « facturation électronique », la DGFIP n’entend ni facture scannée, ni PDF. Les factures devront être transmises et réceptionnées par l’une des plateformes agréées par l’État dans des formats structurés, directement ou par le biais d’une solution compatible. Cette plateforme transmettra également des données de transaction et de paiement à l’administration fiscale, ou e-reporting.
« Contrairement à d’autres secteurs, le système de facturation de la filière livre est déjà très avancé dans la dématérialisation, rappelle Véronique Backert, directrice générale de Dilicom, gestionnaire de Dilifac, le service de facturation électronique entre distributeurs et libraires. Les entreprises doivent décider si elles veulent fonctionner avec une ou plusieurs plateformes agréées, mais ça ne pose pas de difficultés majeures. »
Pour Véronique Backert, l'e-reporting est le principal point d’attention. « Est-ce que le libraire va pouvoir générer les données pour l'e-reporting à partir de son logiciel de compta, son logiciel de gestion ou bien les deux pour ensuite pouvoir remettre ces données à la plateforme agréée ? Cela suppose de mener une vraie réflexion organisationnelle en interne sur la circulation des flux de factures, en concertation avec son comptable et le prestataire du logiciel de gestion de librairie. »
Des sanctions en cas de manquement
Le Syndicat national de l'édition n’observe pas d'inquiétudes majeures. « Les plus grandes entreprises sont outillées sur ces sujets. Pour les plus petites structures, en revanche, se mettre en conformité implique potentiellement un investissement en temps et en argent », analyse Laurène Eichner, en charge de la commission Économie, qui précise que des sessions d’information seront organisées dans les prochains mois en concertation avec les différentes instances professionnelles pour répondre aux interrogations.
Les entreprises devront se montrer particulièrement vigilantes quant à la fiabilité de leurs données. « Un numéro de Siren erroné, une adresse obsolète suffisent à entraîner le rejet de la facture et à bloquer le paiement », explique Thierry Millon, directeur des études d’Altares et spécialiste des données B2B. Les factures devront par ailleurs intégrer de nouvelles mentions obligatoires. En cas d’omission ou d’inexactitude, des amendes pourront être appliquées : 15 euros par facture non conforme, ou au minimum 500 euros si aucune plateforme agréée n’a été désignée.
