Pour sa cinquième édition, le prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris a distingué, mardi 13 octobre, Rachida Brakni pour La part absente (Stock) dans la catégorie roman et Akram Belkaïd pour Chroniques du ramadan, voyage intimiste au cœur du jeûne (Tallandier) dans la catégorie essai, tandis qu’une mention spéciale du jury revient à Sylvia Chiffoleau pour Une histoire du temps dans le monde arabe (CNRS Éditions).
Le prix, organisé par l’Institut musulman de la Mosquée de Paris, récompense chaque année un roman et un essai sur la civilisation musulmane, écrits ou traduits en français. Pour cette édition 2026, les ouvrages éligibles devaient avoir été publiés ou traduits en français entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026. La remise des prix a eu lieu à la Grande Mosquée de Paris, dans l’année du centenaire de l’institution. Chaque lauréat des deux catégories principales reçoit une dotation de 3 000 euros.
Un prix du centenaire pour Assia Djebar
Le palmarès 2026 comprend également un prix du centenaire attribué à Assia Djebar pour l’ensemble de son œuvre. Cette distinction s’ajoute aux deux catégories historiques du prix et à la mention spéciale du jury, au sein d’une édition placée sous la présidence de Chems-eddine Hafiz.
Dans les catégories principales, Rachida Brakni et Akram Belkaïd succèdent à Hajar Azell, lauréate 2025 du prix du roman pour Le sens de la fuite (Gallimard), et à El-Mouhoub Mouhoud, récompensé la même année dans la catégorie essai pour Le Prénom (Seuil). La précédente mention spéciale avait été remise à Catherine Mayeur-Jaouen pour Le culte des saints musulmans (Gallimard).
Roman, essai et histoire
Dans La part absente, Rachida Brakni met en scène Karina Leroy, femme mariée, mère d’une adolescente et directrice d’une galerie d’art. Derrière cette trajectoire sociale affleure un secret intime : des années auparavant, elle a modifié une lettre de son prénom d’origine, Karima, pour se soustraire aux préjugés raciaux liés à ses origines maghrébines. Le passé, pourtant, revient frapper à la porte, ramenant avec lui les blessures de l’enfance et celles de la guerre d’Algérie.
Chroniques du ramadan, voyage intimiste au cœur du jeûne d'Akram Belkaïd est un ensemble de textes consacrés au mois de ramadan. L’auteur y aborde les comportements, les excès et le regard de la société sur cette pratique, dans une approche à la fois personnelle et attentive aux usages collectifs.
Dans Une histoire du temps dans le monde arabe, Sylvia Chiffoleau retrace la place du temps dans les civilisations arabes. L’ouvrage s’intéresse notamment à la contribution de cette aire culturelle à l’art de la mesure du temps, avant d’examiner les pratiques temporelles et les rythmes sociaux qui structurent les sociétés arabes.