La cinquième édition du prix Constantinople distingue David Grossman pour Le cœur pensant, paru au Seuil (traduction de l'hébreu par Jean-Luc Allouche et de l'anglais par Clément Baude).
Dans Le cœur pensant, publié à l’occasion du premier anniversaire du pogrom du 7 octobre 2023 par le Hamas, David Grossman réunit des prises de parole et textes d’intervention. Fervent défenseur du peuple palestinien, il y interpelle à la fois l’insouciance criminelle du gouvernement israélien et les massacres de civils, dans un ensemble placé au point de rencontre de la réflexion politique, de la douleur collective et de l’exigence morale. Le livre s'est à ce jour vendu à près de 4 000 exemplaires selon les données NielsenIQ BookData de la base Electre.
Décerné chaque année par un jury de huit membres, le prix Constantinople récompense une ou deux personnalités, auteurs d’une œuvre littéraire importante ou d’un livre marquant, dont le travail contribue à l’apaisement dans un contexte conflictuel. Le prix reconnaît cet engagement par les personnages de l’œuvre, ses intrigues et son inspiration, ou par son analyse approfondie des forces en jeu et sa rigueur.
Un jury présidé par Metin Arditi
Le jury de cette cinquième édition est présidé par Metin Arditi, écrivain suisse francophone, mécène, ingénieur et ambassadeur. Il a également créé la Fondation « Les Instruments de la Paix-Genève », qui favorise l’éducation musicale à des enfants de Palestine et d'Israël. Il réunit également Anne Berest, Jean-François Colosimo, Dominique Bona, de l’Académie française, Anne Fulda, Haïm Korsia, Jean-Luc Marion, de l’Académie française, et Jean-René Van der Plaetsen.
Né en 1954, David Grossman succède à Roberto Saviano, lauréat 2025. Le palmarès récent du prix compte également Salman Rushdie, distingué en 2024 pour Le Couteau (Gallimard), ainsi que Boualem Sansal et Delphine Minoui, colauréats en 2023. La première édition, en 2022, avait récompensé Élie Barnavi et Elias Sanbar.