Après 15 ans d’activités, Pascale Bragard et Marie Stefani, gérantes des librairies Anagramme à Sèvres et Meudon, ont décidé de passer la main. Si le magasin de Meudon, inauguré en 2019 suite au rachat de l'enseigne Les Petits Mots, est encore en quête d’un repreneur, celui de Sèvres s’apprête à inaugurer un nouveau chapitre le 2 septembre prochain, sous la direction de Julie Menant, qui l’a rebaptisé « l’a.nagramme des jours ».
Récemment initiée au métier de libraire après dix-huit ans passés à revendre au recyclage les chutes métalliques des usines Renault françaises, la nouvelle dirigeante a finalement décidé de « troquer les tableaux de chiffres pour les rayonnages. »
« J’ai eu un coup de cœur pour cette librairie de quartier »
Un projet mûri de longue date, et qu’elle a souhaité rendre concret en suivant une formation aux métiers du livre chez Book Conseil, complétée par deux stages à la librairie-café Papote à Clichy et à la librairie Vert Paradis à Ville-d’Avray. Des expériences qu’elle qualifie d’« incroyables » et qui ont confirmé sa vocation. « Vendre un livre, c’est vendre de l’évasion, des connaissances, c’est fabuleux ! », se réjouit-elle auprès de Livres Hebdo.
Pour parfaire sa connaissance du métier, Julie Menant a suivi un deuxième cursus, cette fois-ci consacré à la création ou reprise de librairie. Installée à Saint-Germain-en-Laye, elle s’est ensuite mise en quête d’un établissement en Île-de-France, avant de tomber sous le charme de la librairie de Sèvres : « J’ai eu un coup de cœur pour cette librairie de quartier qui existe depuis longtemps et a des clients fidèles. »
Le lien avec les anciennes gérantes s’est également noué avec simplicité, ces dernières l’accompagnant dans la transmission, et l’intégrant activement à la vie de la librairie, notamment à travers des rencontres avec les représentants des maisons d’édition et la préparation de certaines commandes.
Rénovée en 2021 lors de son déménagement à quelques pas de son adresse historique, la librairie de Sèvres dispose aujourd’hui de 80 m² de surface de vente et propose entre 5 000 et 6 000 références. Une offre hétéroclite que Julie Menant souhaite maintenir, aux côtés de Camille Davy, salariée déjà bien connue de la clientèle.
Défendre les livres sur la durée
Elle a toutefois dû modifier le nom de l’enseigne pour éviter toute confusion avec la librairie de Meudon, encore sans repreneur. L’ajout du suffixe « des jours » souligne ainsi la vocation de ce commerce de proximité, appelé à s’inscrire dans le quotidien de ses clients.
Soucieuse de maintenir l’ADN de l’enseigne, tout en apportant sa touche personnelle, Julie Menant entend notamment valoriser de petites maisons d’édition comme La Peuplade ou Les Ronces, qu’elle affectionne particulièrement. Si elle souligne l’importance pour une librairie généraliste de s’adresser à tous les publics, elle insiste également sur la nécessité de « faire vivre aussi bien les ouvrages récents que ceux publiés il y a deux ans ou même un siècle ».
Convaincue qu’il faut « mettre les livres entre les mains des enfants dès le plus jeune âge », la nouvelle dirigeante souhaite également multiplier les animations à destination de la jeunesse, entre lectures, ateliers et club de lecture.
