« C’est une excellente nouvelle », réagit Serge Ewenczyk, directeur des éditions Çà et là, après le rejet des demandes de l’association du FIBD et de 9e Art + contre l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA) et le groupe Morgane, chargé d’organiser le festival à partir de 2027. Les plaignants réclamaient 300 000 euros de dommages et intérêts, dénonçant une « appropriation brutale » de l’événement. Le tribunal les a déboutés mercredi 14 octobre et condamnés au versement de 7 000 euros chacun aux deux défendeurs.
« Ce n’est pas une grande surprise », poursuit Serge Ewenczyk, qui estime que la décision « vient mettre un terme à l’acharnement de 9e Art + et de l’association FIBD ». Après une année d’absence, l’éditeur se réjouit de pouvoir revenir à Angoulême et de travailler avec la nouvelle équipe.
Un rendez-vous « essentiel à la profession »
Pour Dargaud, la décision permet surtout de reprendre les préparatifs. « On est à la fois soulagé et rassuré », déclare Stéphane Aznar, directeur général de la maison. Il estime que l’équipe de Morgane peut désormais avancer « de manière totalement libérée » et se consacrer à la relance d’un festival « essentiel à la profession » et à l’écosystème territorial d’Angoulême.
Alors que l’organisation était restée en suspens dans l’attente du jugement, la maison, qui prévoit deux expositions pendant le festival, se dit désormais prête à travailler avec les organisateurs : « On est à la disposition de Morgane. »
Benoît Pollet, directeur général des éditions Glénat, estime lui aussi que la décision ouvre la voie à la relance du festival. « Nous nous réjouissons que cette décision de justice permette la renaissance d’un événement essentiel pour la BD et tous ses acteurs et lève l’incertitude qui planait sur sa tenue en 2027 », déclare-t-il.
« Point d’ancrage pour les professionnels étrangers ».
Le groupe Bande dessinée du Syndicat national de l’édition (SNE) salue de son côté une « très bonne nouvelle pour la promotion de notre genre éditorial » et se réjouit de retrouver le public avec les auteurs de ses maisons. Il souligne également la dimension internationale du rendez-vous, « point d’ancrage pour les professionnels étrangers ». Le festival d’Angoulême jouait en effet un rôle central dans les échanges internationaux autour des droits d’édition et d’adaptation des œuvres.
L’ADBDA prépare la prochaine édition
De son côté, l’ADBDA entend désormais se concentrer sur la préparation de l’édition 2027. Son président, David Caméo, rappelle que l’association a voulu préserver le lien historique entre Angoulême et la bande dessinée, établi depuis plus de 50 ans.
La décision de justice « conforte l’ADBDA dans sa volonté de bâtir un nouveau festival répondant aux attentes exprimées par les auteurs, les éditeurs, les partenaires et le public », déclare-t-il. Avec le groupe Morgane, retenu à l’issue de l’appel à projets, l’ADBDA affirme mettre « toute son énergie » dans la préparation de l’événement, prévu du 27 au 31 janvier 2027. L’association dévoilera une première partie de la programmation le 3 novembre à Angoulême, avant d’en présenter l’intégralité, ainsi que la première sélection, le 1er décembre à Paris.
Contactées par Livres Hebdo, l’association du FIBD et 9e Art + n'ont pas donné suite à nos sollicitations.
