Autorité publique indépendante de l’État fondée en 2007, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) est dirigé depuis 2020 par l'ancienne journaliste Dominique Simonnot. Face à la dégradation des conditions de vie des personnes détenues en France, elle a créé le podcast « Les Enfermé·es » qui se donnée pour mission, à travers ses six épisodes, de montrer ce que l’enfermement fait aux hommes et aux femmes.
L'objectif principal de la Contrôleure générale est de « remettre de la vérité dans des discours bien trop simplistes » et de s’interroger sur la manière dont une société traite ses concitoyens, quelle que soit la gravité de leurs actes. Dominique Simonnot, dont la mission se termine en octobre 2026, a voulu laisser une trace sonore de ce qu’elle a vu et entendu durant son mandat. Elle a imaginé ce podcast au long cours.
Immersion totale
Pour réaliser cette série, Dominique Simonnot et sa collègue Mari Goicoechea se sont munies d’un enregistreur lors de onze visites inopinées menées en 2024 et 2025. Ces enregistrements ont été réalisés dans des prisons, des hôpitaux psychiatriques et des centres de rétention administrative. Il est important de rappeler que les quelque 5 000 lieux d’enfermement sur le territoire français doivent être ouverts au CGLPL de jour comme de nuit. L’impact du podcast réside dans sa capacité à faire entendre « tout ce qu’un livre ou un rapport ne peuvent contenir ». Les auditeurs sont ainsi immergés dans l'environnement sonore des lieux de détention : les portes qui s’ouvrent et se ferment sans cesse, le bruit des clés, les hurlements, le son de la peur et de la solitude. La série se compose d'un prologue pédagogique et de six épisodes, retraçant le parcours complet des personnes privées de liberté.
En définitive, par la diffusion de ces témoignages directs, Dominique Simonnot réaffirme sa conviction que l’enfermement doit demeurer une pratique de dernier recours, tout en critiquant les discours politiques qu’elle juge irresponsables sur la prison et la répression. À l’heure où la France a un nombre de personnes détenues de plus de 86 000 personnes, niveau jamais atteint dans notre histoire, cette série interroge chaque citoyen et l’oblige à se poser la question de savoir comment la République devrait traiter ses délinquants. Et, à l’heure actuelle, avec 70% de récidive, le constat d’une impasse sécuritaire est criant.
