Paris, mode d'emploi. C'est un petit livre mystérieux, écrit par un auteur qui ne l'est pas moins (il reste flou sur sa ville de naissance, allusif sur les autres lieux où il a résidé, et nous apprend que Marie est un pseudonyme), avec un titre énigmatique, La tectonique des Halles, dont on nous dit qu'il a préexisté au texte. L'écrivain a porté longtemps ce projet et a commencé de l'écrire en 2017. Pourtant, le récit est bref - Guillaume Marie avoue avoir beaucoup élagué. S'y mêlent poèmes, extraits de journal où il consigne ses rêves, et fragments, courts en général, plus longs à la fin lorsqu'il est question de Pérec et de La vie mode d'emploi.
Marie, admirateur de Jacques Jouet (remercié à la fin du livre) et de Jacques Roubaud, à qui il avait envoyé un recueil autoédité de ses poèmes - trente quatrains de quatre quadrisyllabes écrits sur un carnet de soixante pages, une sur deux -, semble proche de l'Oulipo. Il nous livre d'ailleurs, à la fin, ces quatrains, composés sur un ton très personnel, où il célèbre à la fois les morts - son frère très aimé, François - et les vivants - Ewen, son « amoureux », à qui La tectonique des Halles est dédié.
Cela donne un très séduisant ensemble, à la fois autofiction, flânerie dans un Paris où l'auteur s'est longtemps égaré à vélo, et réflexions sur un certain nombre de thèmes au fil de la plume, par exemple la réhabilitation des pigeons.
La tectonique des Halles
Corti
Tirage: 2 000 ex.
Prix: 15 € ; 72 p.
ISBN: 9782714313713
