Alors que les Français cherchent à réduire leurs dépenses culturelles, le livre figure en bonne place dans leurs arbitrages. Selon une étude de l’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations, réalisée par Viavoice, 35 % des Français déclarent qu’ils auraient des difficultés à renoncer aux livres, en cas de baisse de leur budget, une proportion qui atteint 42 % chez les femmes. À titre de comparaison, le cinéma est cité par 31 % des personnes interrogées et les abonnements de streaming vidéo par 30 %.
Réalisée en ligne du 17 au 20 juillet 2026 auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française métropolitaine âgée de 18 ans et plus, l’étude confirme ainsi la place particulière du livre dans les dépenses culturelles : s’il fait partie des postes sur lesquels les Français cherchent à économiser, il demeure aussi celui auquel une part importante refuse de renoncer.
Pourtant, le contexte est loin d'être favorable. Près des deux tiers des personnes interrogées (62 %) indiquent avoir cherché à réaliser des économies sur au moins un poste de dépenses culturelles au cours des 12 derniers mois. Le phénomène est encore plus marqué chez les moins de 35 ans, dont 83 % déclarent avoir réduit ou cherché à réduire ce type de dépenses.
71 % des Français ont lu un roman, un essai ou un récit
L’attachement au livre se retrouve également dans les pratiques de lecture. 71 % des Français déclarent avoir lu au moins un roman, un essai ou un récit au cours des 12 derniers mois. Le roman demeure largement majoritaire, cité par 58 % des répondants.
Le livre reste par ailleurs inscrit dans un marché culturel où les consommateurs cherchent davantage à maîtriser leurs dépenses. Parmi les principales stratégies utilisées pour continuer à accéder aux biens culturels sans augmenter leur budget, 66 % des Français disent attendre des promotions, des soldes ou la sortie d’un livre en poche. 53 % déclarent également acheter des biens culturels d’occasion et près de la moitié emprunter des livres, des films ou d’autres biens culturels en bibliothèque ou en médiathèque.
Ces arbitrages interviennent alors que 82 % des Français déclarent consacrer chaque mois un budget à la culture. Pour 62 % d’entre eux, celui-ci reste inférieur à 50 euros mensuels, dont 30 % dépensent moins de 20 euros. À l’inverse, 10 % indiquent ne disposer d’aucun budget culturel, une proportion qui atteint 15 % chez les foyers aux revenus modestes.
Les grandes surfaces en tête des lieux d’achat
L’étude met également en lumière le poids des grandes surfaces culturelles dans l’accès au livre. Elles constituent le premier lieu d’achat cité par les Français dans l’étude, avec 41 % des réponses. Elles devancent les librairies indépendantes ou spécialisées (27 %), les achats de livres d’occasion (23 %) et les sites ou applications en ligne (22 %).
Plus largement, 77 % des Français se déclarent attachés aux formes physiques de la culture, malgré le développement des usages numériques. Le livre papier figure parmi ces objets culturels auxquels les consommateurs restent attachés, aux côtés notamment de la salle de cinéma, du disque et des jeux de société.
Ces résultats peuvent être mis en regard du dernier baromètre du Centre national du livre (CNL), publié en avril 2025, qui dressait un constat plus préoccupant sur les pratiques de lecture des Français. À l’époque, 56 % des Français se déclaraient lecteurs réguliers, soit cinq points de moins qu’en 2023, tandis que le nombre moyen de livres lus au cours de l’année était passé de 22 à 18.
Le temps quotidien consacré à la lecture de loisir avait également reculé de dix minutes, pour atteindre 31 minutes par jour. Si les deux enquêtes ne reposent pas sur les mêmes indicateurs et ne permettent donc pas une comparaison directe, elles mettent en lumière deux dimensions complémentaires du rapport des Français au livre. Alors que le CNL soulignait l’érosion des pratiques de lecture face notamment à la concurrence des écrans, l’étude E.Leclerc montre que le livre conserve une place importante dans les habitudes d'achats des Français.
