Amélie Nothomb, qui n’a raté aucune édition du déjeuner de L'Express depuis le succès de Stupeur et Tremblements en 1999, fait figure de marraine de cet événement qui se déroule chaque année en février au premier étage du Royal Monceau, palace situé dans le VIIIe arrondissement de Paris. Le déjeuner réunit les 40 meilleures ventes d’essai et de romans tous formats confondus d’après les chiffres d’Edistat publiés toutes les semaines par l'hebdomadaire.
Parmi les invités de cette 27e édition, citons les romancières Nathacha Appanah (prix Femina 2025 pour La Nuit au cœur, chez Gallimard), Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Agnès Martin-Lugand, Sophie Jomain, Valérie Perrin et Anne Berest, ainsi que les romanciers David Foenkinos, Kentin Jarno, Christophe Molmy et Franck Thilliez.
Côté essayistes, on notait la présence des journalistes Omar Youssef Souleimane, Charlotte Belaïch et Olivier Pérou, de la neuroscientifique et influenceuse Émilie Steinbach ou du médecin légiste belge Philippe Boxho.
Nicolas Sarkozy et Giuliano da Empoli en retard
Alors qu’« Emmanuel Carrère, Raphaël Quenard, Laurent Mauvignier ou Ambre Chalumeau étaient absents » comme le relate le compte rendu de L’Express rédigé par le talentueux journaliste Louis-Henri de la Rochefoucault, lauréat du prix Interallié 2025 pour L’amour moderne (Robert Laffont), que nous n’hésiterons pas à citer largement comme lorsqu’il évoque deux invités de marque qui avaient en commun un léger retard. « Parmi les auteurs qui ont répondu présents, seuls deux manquent à l’appel : Nicolas Sarkozy (en chemin) et Giuliano da Empoli (bloqué dans un taxi). À l’arrivée de l’ancien président de la République, dont Le Journal d’un prisonnier (Fayard) a largement dépassé les 200 000 exemplaires vendus, on immortalise la cuvée 2026. » La photo souvenir, marque de fabrique de l’événement, rassemble presque tous les auteurs. « Hélas tout le monde s’est dispersé quand Giuliano da Empoli fait son apparition. Dans l’escalier, Nicolas Sarkozy le félicite pour son essai Les Ingénieurs du chaos, qu’il a lu “en le stabilotant” ».
Cette photo n’avait pas été réalisée l’an passé, la venue de Jordan Bardella à ce même déjeuner des best-sellers ayant « déclenché des annulations en cascade. Savoir qu’il serait absent cette fois-ci nous a permis de préparer avec plus de sérénité la nouvelle édition de ce rendez-vous qui, depuis 1999, a réuni les auteurs les plus divers – de Pierre Bourdieu à Jean d’Ormesson en passant par Michel Houellebecq, Leïla Slimani, Éric Zemmour, Virginie Despentes, Joël Dicker, Philippe de Villiers, Christiane Taubira et bien d’autres. »
Parmi les éditeurs présents, on remarque Karina Hocine (Gallimard), Sophie de Closets (Flammarion), Olivier Nora (Grasset), Manuel Carcassonne (Stock), Benoît Yvert (Perrin), Lise Boëll (Fayard), Jean-Luc Barré (Plon) ou Muriel Beyer (L’Observatoire). Ou encore Hélène Fiamma (J’ai lu) et Audrey Petit (Le Livre de poche). Sans compter les dirigeants de groupes d’édition Vincent Montagne (Média-Participations-SNE), Jean-Christophe Thiery (Hachette) Denis Olivennes (Editis) et Gilles Haéri (Albin Michel).
L’agent littéraire Susanna Lea qui se charge du destin international d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Je voulais vivre, Grasset, prix Renaudot) et de Gisèle Pelicot (Et la joie de vivre, Flammarion) est également présente. Citons encore Adrien Bosc, patron de Julliard et du Sous-sol, et donc éditeur de Mon nom est Elisabeth d’Adèle Yon ; Maud Simonnot, nouvelle responsable du domaine français d’Actes Sud et Arthur de Saint Vincent à la tête d'Hugo Publishing. Ce dernier indique que si de 150 000 exemplaires du premier tirage du livre de Gisèle Pelicot sont évoqués à toutes les tables, le nouveau roman de Morgane Moncomble à paraître en mars, La Révolte de la Reine, sera tiré à 180 000 exemplaires.
Gallimard en tête avec 5 livres, suivi d’Albin Michel et de Fayard avec 4
Dans son discours, le directeur de la rédaction de L’Express, Éric Chol a cité la Désintoxication morale de l’Europe de Stefan Zweig, avant de rappeler que le classement est composé de 29 romans et 11 essais et que Gallimard arrive en tête des éditeurs avec cinq livres, suivi d’Albin Michel et de Fayard (quatre chacun). Il remercie les partenaires, le grand imprimeur Jean-Paul Maury et Frédéric Duval, directeur général d’Amazon. Celui-ci indiquant dans son discours que c’était sa dernière sortie publique, puisqu’il quitte ses fonctions à la fin du mois, et qu’il est heureux qu’elle se fasse dans l’univers du livre comme la première, 20 ans plus tôt. Avant de conclure son intervention d’un tonitruant : « Vive la librairie, vive la lecture. »
Quant à nous, nous laisserons le mot de la fin à Louis-Henri de la Rochefoucault : « À la droite d’Amélie Nothomb, David Foenkinos (…). La première se souvient qu’elle a connu le second dans une autre vie, quand, bien avant de publier son premier roman, il travaillait chez Albin Michel : “Toutes les filles d’Albin Michel étaient amoureuses de lui, il était beau comme un pâtre grec !”. Foenkinos : “Mais pas du tout : au début, elles pensaient toutes que j’étais gay !” L’auteur de La Délicatesse s’apprête à publier un roman en avril, Je suis drôle, sur un comique… pas si drôle que ça (…). Le dessert arrive (une tartelette aux fruits de saison) et, grâce à Amélie Nothomb, la conversation se fait légère à nouveau – nous ne révélerons rien des propos échangés avec elle et Foenkinos au sujet de l’Académie française. »
