Un Géorgien en exil. Théodore Eristavi est né à Tbilissi, capitale de la Géorgie, en 1992, soit un an après l'indépendance du petit pays caucasien suite à l'effondrement de l'URSS et du bloc soviétique. Puis ce fut la guerre civile et un régime qui ne valait guère mieux que la dictature qui l'avait précédé. Le pays, aujourd'hui encore, subit une crise politique permanente.
Théodore Eristavi vient d'un milieu bourgeois ; ses parents sont séparés, et il a une sœur. En 2002, sa mère décide de quitter la Géorgie, pensant gagner Vienne via Paris. En fait, la petite famille va devoir demeurer en France, sans guère de ressources, sans soutiens et sans parler la langue. La mère va faire preuve d'une ténacité et d'un courage exceptionnels pour survivre, faire toutes les démarches pour obtenir le droit d'asile, un logement, des aides. Un parcours du combattant bien connu. Théodore, lui, est un brillant sujet. C'est notamment un surdoué du piano. Cela va le tirer vers le haut, lui permettre de s'intégrer parfaitement. Il n'oublie pas la Géorgie, où il retournera bien plus tard, histoire de se réconcilier avec ses origines. Il raconte aujourd'hui son parcours, à la première personne, dans un style soigné, de bon élève. Et il revient sur les causes de leur départ précipité : sa mère avait écrit un livre où elle racontait l'histoire de son propre père, Théodore, un acteur devenu moine qui avait tenté de détourner un avion pour fuir en Turquie. Il avait été arrêté et exécuté en 1984. Écrivant sur ce père rebelle, sa fille se mettait en danger. D'où la fuite et l'exil, dont ce livre porte témoignage, sans pathos, avec une sincérité qui force le respect.
Hôtel Paris
Flammarion
Tirage: 8 000 ex.
Prix: 21 € ; 352 p.
ISBN: 9782080143747
