C'est à l'âge de 25 ans que Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot - par ailleurs romancier, lauréat du prix Wepler en 2014 pour Le Soleil et auteur, en 2026, de L’ami universel (L’Olivier) - ont créé les éditions Tristram dans le Gers. La maison tire son nom d’un roman qui les a tous les deux bouleversés : La Vie et les opinions de Tristram Shandy, gentilhomme de Laurence Sterne, devenu pour eux le symbole de la liberté et de l'imprévisibilité littéraire.
Dans cette vidéo, ils reviennent sur les œuvres qui ont marqué l’histoire de leur maison. Ils évoquent notamment Hollywood Babylone de Kenneth Anger, paru en 2013, une plongée poétique dans la légende noire du cinéma dont le succès en librairie s’est révélé aussi phénoménal qu’inattendu (plus de 36 000 exemplaires, selon les données NielsenIQ BookData de la base Electre). À l'inverse, ils nous confient le « chef-d'œuvre » qu’ils auraient rêvé d'inscrire à leur catalogue et qu’ils ont laissé échapper de justesse, avant qu'une maison d'édition plus puissante ne s'en empare.
L'entretien dessine les contours d'un catalogue éclectique, habitué à défricher des textes hors des sentiers battus. Un esprit de découverte qui perdure, à l'image du récent roman Rousse de Denis Infante, une fable poétique rédigée sans le moindre article grammatical, dont le manuscrit leur est parvenu par la poste. Un pari littéraire dont l'accueil a pris de court les deux fondateurs, avec plus de 55 000 exemplaires écoulés à ce jour.
Au-delà du domaine francophone, l'ADN des éditions Tristram s'est forgé sur une attention forte portée à la littérature étrangère. Et c’est dans l’atelier de la traduction que se joue, selon eux, l’une des plus facettes les plus fascinantes de la littérature. Un travail exigeant, récompensé à l'automne 2025 par le prix Médicis étranger, remis au roman Les Bons voisins de Nina Allan, traduit par Bernard Sigaud.
Une question demeure, pour Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot : d'où surgira le prochain chef-d'œuvre ? La réponse se trouve dans les dernières secondes de cet entretien. Un indice : c’est une prédiction joyeusement inattendue pour celles et ceux qui redoutent de voir l'allumette de la création se frotter perpétuellement aux mêmes algorithmes.
