Il y avait du monde, lundi 21 septembre dans les locaux de Babelio (Paris, XIe), à l’occasion du lancement de la 10e édition du Mois de l’Imaginaire devant un public d’éditeurs spécialisés, de libraires (dont quelques généralistes curieux d’agrandir leur rayon), de bibliothécaires, de blogueurs, d’influenceurs et de journalistes.
Animé par 29 maisons d’édition francophones, le Mois de l’Imaginaire se déroule chaque année en octobre depuis 2017 afin de promouvoir les littératures de science-fiction, fantasy et fantastique en librairie et dans les médias. Un moment d'échange et de découverte : Éric Marcelin (Critic) est venu défendre les nouveaux romans de Louise Roullier et Étienne Cunge ; Nathalie Païno (Au Diable Vauvert) s'enthousiasme du bon accueil fait aux titres de Nicolas Martin et Thomas Gunzig. Plus loin, Charlotte Volper (Pocket), dont l'un des enjeux est la sortie d'Aatea d'Anouck Faure, grand prix de l'imaginaire 2026, discute d'acquisitions avec ses confrères éditeurs de grand format. David Meulemans (Aux Forges de Vulcain), Valentin Baillehache (Rivages), Paul-Étienne Garde (Le Livre de Poche), Pascal Godbillon (Denoël / Folio) ou Jérôme Vincent (ActuSF) sont également présents...
Tout au long du Mois, dont le point d’orgue sera le festival des Utopiales de Nantes (29 octobre-1er novembre), les membres de l’association organisent diverses opérations commerciales, des rencontres, dédicaces et prises de parole. Ils distribuent aussi supports pédagogiques et catalogues thématiques tout en organisant des animations sur les réseaux sociaux.
Coup de projecteur
Dans un catalogue largement diffusé, chaque éditeur membre de l’association met ainsi en avant deux de ses titres appelés à bénéficier d’un coup de projecteur pendant toute la durée de l’opération. Et nouveauté cette année, un podcast sera diffusé en live sur Twitch le 7 octobre.
Après une décennie d’actions, les motifs de satisfaction sont nombreux pour un genre dont les ventes en grand format ont connu une progression de 76 % entre 2018 et 2025 selon l’Observatoire de l’imaginaire, même si « on se cogne toujours un peu au réel quand on dit que l’imaginaire a été "déghettoisé" », a concédé dans un discours d’ouverture Brigitte Leblanc, directrice éditoriale du Rayon Imaginaire chez Hachette Heroes.
Comme chaque année, l’Observatoire de l’imaginaire – émanation des États généraux de l’imaginaire créés en 2017 – a dévoilé quelques données sur les évolutions d’un marché globalement orienté à la baisse (67,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024/25, en recul de 2 %). Toujours selon les données de l’Observatoire, qui dévoilera l’intégralité de ses résultats aux Utopiales, les ouvrages d’imaginaire continuent de souffrir d’une faible exposition médiatique même s’ils représentent 4,7 millions d’exemplaires vendus, hors romantasy, qui fait désormais l’objet d’une catégorisation à part chez NielsenIQ BookData, a rappelé au micro Mathias Échenay, fondateur des éditions La Volte.
Rendez-vous entre cessionnaires de droits
Un « focus littératures de l’imaginaire » organisé entre l’Institut français et les Utopiales a également été présenté : ce programme réunira 15 éditeurs étrangers (Chine, Corée, États-Unis, Espagne, Canada…) à Paris puis à Nantes pour leur permettre de se rencontrer autour des enjeux et des tendances éditoriales en littératures de l’imaginaire. Des visites et rencontres de maisons d’édition, librairies, partenaires institutionnels, ainsi que des rendez-vous avec des cessionnaires de droits étrangers seront organisés en vue de faire émerger de nouvelles collaborations professionnelles et coopérations.
Les échanges se sont conclus par une intervention d’Émilie Mathieu, directrice associée du spécialiste de la diffusion numérique eDantès : « L’exploitation numérique procure un réel revenu additionnel aux éditeurs papier dans beaucoup de pays, ce qui est moins vrai en France », a-t-elle constaté. Avant de suggérer : « Alors que les volumes de ventes reculent et que nombre d’éditeurs vont chercher de la valeur dans les collectors plus chers, et donc moins accessibles, le numérique constitue une alternative pour trouver de nouveaux lecteurs ».
