Meute de Gien. Une poignée de kilomètres sépare Argent-sur-Sauldre, cadre du précédent roman de Simon François La proie et la meute, de Gien, théâtre du présent La plupart des hommes. Nous remontons néanmoins du département du Cher à celui du Loiret, et pas mal d'eau a défilé sous les ponts « des bords de Loire au point du jour », comme le chantait le regretté Jean-Louis Murat. Entre-temps, Simon François a pris de l'envergure, recevant en cascade le prix du Masque de l'année et le prix Découverte Claude Mesplède 2025. Mais l'heure est à l'orage. Temps de chien sur Gien, lorsque Kader découvre le corps tuméfié de Juliette, la sœur de son pote Gabriel, dans sa camionnette déjà chargée de rapines inavouables. Elle s'en sortira, se taira d'abord, avant d'exploser. Mais les suspects ne peuvent, bien entendu, qu'avoir des prénoms maghrébins ou subsahariens. Kader, Ousmane ? Si c'est pas des prénoms de coupables, voire de violeurs, ça ? La preuve, Juliette et enceinte. Il faudra pourtant se rendre à l'évidence et valider les indices relevés par une jeune gendarme émérite qui démêlera l'écheveau d'agressions et de sentiments. Le constat est sans appel : les mensonges familiaux et les silences ruraux tuent plus que l'immigration. À moins que les décès escamotés de travailleurs clandestins sur les chantiers n'entrent dans les statistiques. Simon François s'en insurge, mais avec des mots personnels d'une élégance rare. « On ne tue pas qu'avec les mains », nous rappelle-t-il en outre, construisant en douce une œuvre éthique et cohérente.
La plupart des hommes
Éditions du Masque
Tirage: 6 000 ex.
Prix: 20,90 € ; 300 p.
ISBN: 9782702452868
