Vitrine annuelle du meilleur du cinéma américain et mondial, les Oscars, dont les nominations avaient été annoncées fin janvier, ont couronné cette année plusieurs adaptations littéraires. Déjà grand vainqueur des Golden Globes en janvier dernier, Une bataille après l'autre confirme son triomphe avec six statuettes, dont celle du meilleur film. Pour son réalisateur Paul Thomas Anderson, c'est une première : jamais récompensé par l'Académie malgré de nombreuses nominations, le cinéaste de 55 ans reçoit enfin la statuette suprême.
Une bataille après l'autre, maître de la saison des récompenses
Déjà sacré lors des Golden Globes en janvier dernier, la deuxième cérémonie du cinéma la plus prestigieuse, avec quatre récompenses, dont celles du meilleur film comédie ou comédie musicale et du meilleur réalisateur, Une bataille après l'autre s'impose une nouvelle fois comme le grand vainqueur de la saison. Aux Oscars, le film de Paul Thomas Anderson repart avec six statuettes : meilleur film, meilleure réalisation, meilleur scénario adapté, meilleur montage, meilleur second rôle masculin pour Sean Penn et meilleure direction de casting, nouvelle catégorie introduite cette année par l'Académie. Le cinéaste de 55 ans, souvent nommé mais jamais récompensé par l'Académie depuis ses débuts au cinéma à l'âge de 23 ans, décroche enfin la statuette suprême.
Librement adapté de Vineland, roman de Thomas Pynchon publié en 1991 et disponible en français au Seuil dans une traduction de Michel Doury, le film suit un groupe d'anciens révolutionnaires qui se retrouvent 16 ans après leur dernier affrontement pour tenter de sauver la fille de l'un d'eux, incarnée par Leonardo DiCaprio, aux côtés de Benicio Del Toro, Regina Hall, Sean Penn, Teyana Taylor et Chase Infiniti.
Jessie Buckley sauve l'honneur pour Hamnet
Hamnet, de Chloé Zhao, repart avec un seul Oscar, celui de la meilleure actrice pour Jessie Buckley, une consécration logique après son Globe en janvier. Le film est adapté du roman éponyme de Maggie O'Farrell, paru en 2020 et publié en France aux éditions Belfond en 2021 dans une traduction de Sarah Tardy. L'ouvrage explore de façon fictive le deuil de William et Agnes Shakespeare après la mort de leur fils Hamnet à 11 ans. Il s'est écoulé à plus de 47 000 exemplaires tous formats confondus.
Frankenstein, récompensé sur le plan artistique
Passé sous les radars lors des Golden Globes, le Frankenstein de Guillermo Del Toro a été bien récompensé aux pour cette 98e édition des Oscars sur le plan technique et artistique avec trois statuettes : meilleurs décors, meilleurs costumes et meilleur maquillage et coiffure. Le film est adapté du roman gothique Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley, publié en 1818. Présenté à la Mostra de Venise 2025, il avait ensuite été diffusé sur Netflix en novembre en France.
L'animation française repart bredouille
Arco, d'Ugo Bienvenu, et Amélie et la métaphysique des tubes, de Maïlys Vallade et Liane-Cho Han, concouraient dans la catégorie meilleur film d'animation depuis le début de la saison des récompenses sans jamais décrocher de prix. Les Oscars n'ont pas fait exception : la statuette est revenue au très populaire et très bientôt disponible au format livre, KPop Demon Hunters. Amélie et la métaphysique des tubes s'inspire du roman éponyme d'Amélie Nothomb publié chez Albin Michel en 2000, fort de plus de 742 000 exemplaires vendus. Arco, premier long-métrage de l'auteur de bande dessinée Ugo Bienvenu, dont les albums sont publiés notamment chez Denoël Graphic, avait été présenté à Cannes 2025 et avait remporté le Cristal du long-métrage au Festival d'Annecy.
