Festival du livre de Paris

La clause de conscience des auteurs est « une question qui va se poser », affirme Emmanuel Macron

Emmanuel Macron entouré de Françoise Nyssen, Vincent Montagne et Anne-Sylvie Bameule - Photo Olivier Dion

La clause de conscience des auteurs est « une question qui va se poser », affirme Emmanuel Macron

En visite au Festival du livre de Paris, Emmanuel Macron a réagi au départ d'Olivier Nora des éditions Grasset, estimant « très important » de « défendre » le « pluralisme » et « l'indépendance » des maisons d'édition. Interrogé sur la pertinence de mettre en place une clause de conscience pour les auteurs, le chef de l'État a estimé que c'est « quelque chose qui doit se réfléchir ».

Par Charles Knappek
avec AFP Créé le 17.04.2026 à 15h58

Emmanuel Macron a jugé vendredi « très important » de « défendre » le « pluralisme » et « l'indépendance » des maisons d'édition, après la crise rare provoquée par le départ du P-DG de Grasset, Olivier Nora, imputé par de nombreux auteurs à Vincent Bolloré.

Lire aussi : Départs chez Grasset : les droits des auteurs en cas de changement éditorial

« En France on reste attaché à tout ce qui fait notre force d'ailleurs, la liberté des auteurs, leur qualité, le rôle de l'éditeur », a dit le chef de l'État en visitant le festival du livre de Paris. « C'est très important d'exprimer, de défendre ce pluralisme », a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a dit avoir « beaucoup d'estime pour ces grandes maisons », citant Gallimard et Grasset. « C'est des maisons qui sont à respecter », « un catalogue c'est une histoire littéraire, et après c'est la liberté de ces auteurs », a-t-il estimé.

« L'éditeur ce n'est pas simplement celui qui imprime les livres », « c'est un esprit, c'est une maison, c'est aussi ce qui fait partie du patrimoine littéraire », une « chaîne humaine », a encore dit le président.

La sénatrice Sylvie Robert appelle à une clause de conscience en faveur des auteurs

Interrogé sur la pertinence d'une clause de conscience pour les auteurs, idée défendue par la sénatrice Sylvie Robert, il a répondu : « Je pense que c'est en tout cas quelque chose qui doit se réfléchir », sans toutefois trancher. C'est « une question qui va se poser », a-t-il insisté plus tard.

En matière de culture, de « la vie des idées » et de littérature, a-t-il encore plaidé, « la propriété ne doit pas prendre le dessus sur la liberté ». « Ce qui est important c'est que les grandes maisons d'édition, elles soient protégées dans leur pluralisme et leur diversité », « une maison d'édition c'est pas fait pour défendre une seule idée, justement, ou pour polariser », a-t-il martelé.

Quelque 210 écrivains, parmi lesquels Virginie Despentes, Gaël Faye, Frédéric Beigbeder ou encore Vanessa Springora ont créé la sensation avec leur décision inédite de refuser de publier de nouveaux livres chez Grasset pour dénoncer le « licenciement » d'Olivier Nora, à sa tête depuis 26 ans.

Dans leur lettre ouverte, ces auteurs dénoncent « une atteinte inacceptable à l'indépendance éditoriale » de la prestigieuse maison. Cette fronde a éclaté alors que le Festival du Livre de Paris s'est ouvert jeudi soir au Grand Palais.

Avec 450 exposants et 1 800 auteurs attendus, tout le secteur de l’édition est présent, à l'exception notable de la plupart des maisons d'édition, notamment Grasset, appartenant à Hachette.

La liste des 210 auteurs signataires de la lettre commune annonçant leur départ de Grasset

 

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