Consulté chaque année par des millions de personnes sur cia.gov le World Factbook (Etat du monde), publié depuis 1997 dans sa forme actuelle par la CIA, va cesser de paraître.
C’est l’agence de renseignement américaine elle-même qui l’a annoncé, mercredi 4 février, rappelant que « ce guide a longtemps servi la communauté du renseignement et le grand public comme une source d’information de base unique et incontournable sur les pays et les communautés du monde entier ».
La CIA n’a fourni aucune explication pour justifier cet arrêt, même si son directeur John Ratcliffe a récemment annoncé que l’agence entendait mettre un terme à tous les programmes qui ne contribueraient pas à ses missions essentielles.
Best-seller en France
En 1962, la CIA avait publié The National Basic Intelligence Factbook dans une édition classifiée. Depuis 1971, une version non classifiée paraissait chaque année, proposant un tableau détaillé et chiffré des pays du monde entier, de leurs économies, de leurs forces armées, de leurs ressources ou encore de leurs sociétés. Rebaptisé World Factbook (État du monde) en 1981, l’ouvrage était donc disponible au format numérique depuis 1997.
En France, World Factbook a fait l’objet de plusieurs publications partielles par des éditeurs. Robert Laffont a été le premier en 2005 avec Le rapport de la CIA, préfacé par Alexandre Adler. Le titre s’est à l’époque vendu à 110 000 exemplaires avant d’être repris en poche par Pocket (85 000 ex.). L’éditeur a publié une nouvelle édition en 2009, restée sans suite jusqu’à la reprise du concept par Les Équateurs en 2021 : préfacé par Piotr Smolar, Le monde en 2040 vu par la CIA et le Conseil national du renseignement : un monde plus contesté s’est vendu à 85 000 exemplaires.
La géopolitique au programme des Équateurs
Les Équateurs ont depuis publié chaque année une édition actualisée du rapport. La dernière, parue en mai 2025, s’intitule Le monde à venir vu par la CIA : analyses, faits et chiffres. Elle s’est vendue à 4 000 exemplaires. « Nous avions prévu de publier l’édition 2026 comme d’habitude, mais compte tenu de la décision de la CIA, cette parution ne pourra pas se faire », confie Caroline Bokanowski, directrice littéraire des Équateurs jointe par Livres Hebdo.
Très actif sur le segment de la géopolitique avec les titres de la collection « Le Rubicon » ou des ouvrages spécifiques comme Précis de survie stratégique dirigé par Adrien Jaulmes et Lucas Menget (2023), l’éditeur continue néanmoins de publier plusieurs ouvrages consacrés aux enjeux de la planète. Groenland - Le réveil de Thulé d’Adrien Jaulmes paraîtra le 26 mars, suivi le 5 mai de l’essai Le continent asservi du journaliste Dave Keating, sur la dépendance militaire, économique et culturelle de l’Europe vis-à-vis des États-Unis.
Au second semestre, Les Équateurs inaugureront aussi la nouvelle collection « Le bureau des fictions » avec le roman d’anticipation Épiplastie, de Marguerite Imbert et Romain Lucazeau, sur la disparition du plastique. Développée en collaboration avec le ministère des Armées, la collection s’inspire du modèle de la Red Team, qui avait réuni, déjà aux Équateurs, le ministère français des Armées, l'Université Paris Sciences et Lettres et 10 écrivains de science-fiction et de roman noir pour prévoir les conflits futurs à l'horizon.
