Les positions sur la publication de textes sulfureux, notamment antisémites, se révèlent diamétralement opposées.

L'une affirme avec Serge Klarsfeld que, par devoir de dignité envers les victimes, de tels ouvrages n'ont pas à être diffusés dans les librairies. Les spécialistes et les racistes les connaissent déjà. « Les auteurs de textes antijuifs pourraient s'en donner à cœur joie si les pamphlets de Céline étaient réédités et légitimés par un éditeur prestigieux, considère le président de l'association Fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF). Ces pamphlets ont été des best-sellers dans la France de 1938 et risqueraient de le redevenir dans la France d'aujourd'hui. »

L'autre soutient, avec Antoine Gallimard, que la liberté de publier est aussi fondamentale que celle d'écrire ou de s'exprimer. Sur France Inter, le 14 juin 2018, le patron de Madrigall réaffirmait qu'un éditeur « doit pouvoir publier des choses qui dérangent » et qu'il n'avait pas renoncé. « J'ai pour l'instant suspendu ce projet de publication par respect pour les familles qui avaient eu des parents disparus en camps et par respect pour la douleur, mais je regrette de n'avoir pas eu le temps de présenter l'édition que je voulais faire. »

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