Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur césarisé de huit longs-métrages dont Cyrano de Bergerac, est décédé mardi à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé à l'AFP l'un de ses fils.
Avec Le Hussard sur le toit de Jean Giono (Gallimard, 1951), qu'il a transposé au cinéma en 1995, Jean-Paul Rappeneau compte deux adaptations d’œuvres littéraires à son actif. Cyrano de Bergerac, adapté de la pièce d’Edmond Rostand, demeure son plus grand succès. Le film lui vaut notamment le César du meilleur film et celui du meilleur réalisateur en 1991, ainsi que le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère. Il reçoit également plusieurs nominations aux Oscars.
Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, d'Yves Montand (Le Sauvage) à Catherine Deneuve (La vie de château), en passant par Gérard Depardieu ou Isabelle Adjani (Tout feu tout flamme).
De La Vie de château à Tout feu tout flamme
Scénariste de ses propres films, il était connu pour son perfectionnisme. « Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. À moins bien sûr d'avoir besoin d'argent », disait-il à Paris Match en 2015.
D'abord scénariste, notamment de Zazie dans le métro de Louis Malle, il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 La vie de château, dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.
Les succès publics s'étaient ensuite enchaînés. En 1971, il tourne Les Mariés de l'an II, avec Jean-Paul Belmondo et Marlène Jobert et met en scène en 1975 les aventures rocambolesques du « Sauvage ». Six ans plus tard, Tout feu tout flamme, avec Yves Montand et Isabelle Adjani lui vaut une nouvelle consécration publique.
Une carrière entre cinéma et littérature
Après une éclipse de près de dix ans, il relève le défi d'adapter sur grand écran, avec l'aide d'Emmanuel Carrère, la pièce Cyrano de Bergerac. « Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce. Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers », expliquait-il.
En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires, Vive allure (Grasset, 2025), où transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. « Quand un film se termine, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage ».