Contre le néant. « Au commencement de cette histoire, une femme disparaît. » Le 17 octobre 2025, Cédric Jubillar est reconnu coupable du meurtre de Delphine Aussaguel, en l'absence du corps de sa compagne et mère de leurs deux enfants. À la cour d'assises d'Albi, l'écrivaine et traductrice Anne Plantagenet a suivi son procès, en quête des traces laissées par la disparue. Elle restitue ici la parole des appelés à la barre (« Ceux qui restent. Avec leur peine inconsolable, leurs remords, leurs regrets. À perpétuité ») et d'inconnus qui, comme elle, se sentent reliés à Delphine Aussaguel. « Pourquoi ? Que projetons-nous de notre propre histoire, de notre peur de l'anéantissement ou de notre furieux besoin de justice ? », interroge-t-elle alors que ce qui se joue dans ce « théâtre unique en son genre » la heurte, la bouleverse et la ramène à un drame personnel ayant « scindé » son existence et celle de sa famille en un avant et un après. Pour garantir l'intégrité de son récit, Anne Plantagenet précise d'où elle écrit, en tant que mère, en tant que femme « sidérée » par la façon dont, en 2025, une autre femme est (mal)traitée. « Courage des femmes, lâcheté des hommes », note-t-elle dans son carnet au onzième jour du procès. Ce genre de généralités qu'elle dit « détester » mais qui s'impose pourtant devant les faits, devant cette immuabilité d'une violence dont les femmes et les enfants restent les premières victimes. « Quand se termine l'histoire ? » Quand un corps est retrouvé ou quand les femmes n'auront plus peur de mourir sous les coups de leur conjoint ? Précis, sensible, En l'absence de corps s'empare du réel pour susciter un questionnement collectif, essentiel.
En l'absence de corps
Julliard
Tirage: 8 000 ex.
Prix: 22,50 € ; 361 p.
ISBN: 9782260057666
