Malgré les soutiens, Frédéric Bonnaud perd sa bande

Malgré les soutiens, Frédéric Bonnaud perd sa bande

Fin de l’émission culte « La bande à Bonnaud » sur France Inter. La dernière a été diffusée la semaine dernière et préfigure un changement éditorial pour la radio publique, qui peine à conquérir une nouvelle audience.

avec vlg Créé le 15.04.2015 à 20h04

Sur la page d’accueil de l’émission La bande à Bonnaud, l’équipe de journalistes a posté un dernier message de Frédéric Bonnaud : « Je crains que notre site soit bientôt fermé. Je n’ai plus de mots pour dire l’émotion que m’inspire votre soutien (…). A bientôt, à vite, ici ou là ». Rien n’y aura fait : ni la pétition en ligne signée par plus de 26 000 personnes , ni la grève de 24 heures jeudi 28 juin (dont 21 heures « blanches » sur l’antenne, c’est-à-dire essentiellement remplies de musique et de communiqués d’explication) à l’appel des syndicats SUD et CGT de Radio France. À la veille de la journée de mobilisation, l’éviction du producteur et journaliste Frédéric Bonnaud lui était annoncée officiellement par un courriel de la direction.

La cause : des mauvais résultats d’audience, qui, de l’aveu même de Frédéric Schlesinger, directeur de France Inter, n’ont à rien à voir avec la qualité professionnelle du présentateur. Il animait cette tranche horaire et culturelle depuis 2003 avec Charivari, puis avec sa Bande à partir de septembre 2006.

Course à l’audimat sur le service public

Lors d’une assemblée générale mercredi 27 juin, Frédéric Bonnaud a rappelé « les nombreuses pressions de la direction »exercées sur sa personne depuis le début de l’année. Frédéric Schlesinger lui aurait en effet demandé de ponctuer son programme d’« ardissoneries » et de jingles.

L’arrêt de « Bab » soulève des problèmes plus structurels au sein de France Inter. Dans une tribune publiée mercredi 4 juillet dans le quotidien Libération, la Société des journalistes et la Société des producteurs de France Inter s’inquiètent que « depuis quelques temps, le seul critère mis en avant par la direction pour juger de l’intérêt d’une émission (…) [ soit ] le résultat d’audience ». Ce qui va à l’encontre de la mission de service public de la radio qui, comme le rappellent les salariés doit « contribuer à la diffusion de la culture de notre pays ». Ils ont par ailleurs dénoncé la diminution constante des budgets des reportages.

15.04 2015

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