Depuis janvier, les éditions Place des Victoires, spécialisées dans les livres d'art, ont décidé de passer la vitesse supérieure pour leur collection « 21×21 ».
Ouverte en avril 2025 avec des monographies consacrées à Matisse, Frida Kahlo, Monet et Hokusai, la collection, dont le nom désigne le format en centimètres des ouvrages, voit son rythme de production augmenter : une dizaine de titres sont prévus cette année, avec Renoir et Van Gogh déjà annoncés après un ouvrage sur Notre-Dame de Paris paru fin 2025. « Nous avons inauguré la collection l'année dernière, mais c'est depuis le mois de janvier que nous avons vraiment accéléré le processus », confirme Isabelle de Tinguy, directrice éditoriale, jointe par Livres Hebdo.
Une maison ancrée dans le beau livre
Fondées en 1979 par Carl van Eiszner et sa sœur Joan, les éditions Place des Victoires figurent parmi les derniers éditeurs indépendants de beaux livres en France. La maison, installée dans le IIe arrondissement de Paris, à une encablure de la place historique du même nom, s'est construite autour du rachat des fonds Tchou et des éditions Mengès en 1986 au Club Français du Livre, alors actionnaire important du Grand Livre du Mois et de l'Encyclopaedia Universalis. Le petit groupe indépendant a également développé les marques Sand et Encre de Nuit.
« Il s'agissait de livres essentiellement autour du tourisme et du sport, et aujourd'hui Mengès publie des ouvrages dédiés principalement à l'architecture », retrace Isabelle de Tinguy. Le catalogue de Place des victoires couvre désormais un spectre large, de la mode au patrimoine religieux, en passant par la collection « Les Petits carrés d'art », éditée en six langues et vendue massivement dans les musées. Le tirage moyen, lui, varie selon les collections, « de 1 000 à 10 000 exemplaires », selon la directrice éditoriale.
Une collection pensée autour du regard
Le concept de la collection « 21×21 » repose sur une ambition simple mais exigeante : ces volumes de 260 pages au format carré, édités en version bilingue français-anglais, ne cherchent pas à commenter l'œuvre mais à donner au lecteur les outils pour la regarder. « L'idée centrale de cette collection, c'est de laisser apprendre le lecteur à regarder l'œuvre : des œuvres sont présentées dans leur ensemble, puis déclinées en une série d'encadrés sur lesquels il va y avoir un développement qui peut être à la fois plus subjectif ou technique. », détaille Isabelle de Tinguy.
Un objet soigné, un déploiement encore franco-français
La collection se distingue aussi par le soin apporté à sa fabrication : marquage, charte graphique modernisée, façonnage travaillé. « La particularité de cette collection, c'est qu'on y trouve un joli façonnage avec une charte graphique très modernisée, ces livres ont un coût, donc il faut tenter de trouver un tirage raisonnable », souligne Isabelle de Tinguy.
La maison imprime en Europe mais aussi en Chine, où elle juge la qualité des façonnages tout aussi satisfaisante. Malgré son format bilingue, la collection « 21×21 » ne vise pas l'export pour l'instant, même si la directrice éditoriale annonce en revanche l'inauguration prochaine d'une collection de monographies en plus grand format d'ici l'automne prochain.
