Les Toc de Bologne donnent le ton

Les Toc de Bologne donnent le ton

Développement du numérique, force de la marque, importance des 7-12 ans: à la veille de l'ouverture de la 50e Foire du livre de jeunesse de Bologne, les Tools of change posent les problématiques du secteur

Par Claude Combet
avec cc, de Bologne Créé le 15.04.2015 à 21h52

Organisés le dimanche précédent l'ouverture de la 50e Foire du livre de jeunesse de Bologne, qui a lieu du 25 au 28 mars, les TOC (Tools of change) organisés le 24 mars par l'Américain O'Reilly et la Foire du livre de jeunesse de Bologne pour la 3e année donnent désormais le ton. Pour les participants, moins nombreux que l'an dernier pour cause de restrictions budgétaires et de Salon du livre de Paris pour les Français, c'est le lieu où on s'informe des derniers développements techniques, où on montre ses nouveautés - Terence Mosca a présenté les applications développées par le Seren et Gallimard Jeunesse pour les élèves de cycle 2 (grande section de maternelle, CP et CE1).

Le mot d'ordre est désormais “globalisation”. Les éditeurs pour la jeunesse maîtrisent les développements numériques - applications, ebooks et autres format ePub -, et les incluent dans leur stratégie comme l'a souligné la Britannique Sarah Odedina de Hot Key Books. La présentation de Francesca Dow, de Penguin, a particulièrement marqué l'assistance. Le développement d'une marque passe par l'édition - papier et numérique - mais aussi par YouTube, Facebook, Twitter, les clubs, la presse, un site internet, tumblr, la télévision, voire même les prestations sur scène de l'auteur, a-t-elle démontré, en insistant: «C'est la force de la marque qui lui permettra de se distinguer dans un océan de nouveautés». Le net et la multiplicité des moyens - blogs, Facebook, et autres - permettent aux éditeurs une meilleure connaissance et une réelle proximité des éditeurs avec leurs lecteurs. Mais la globalisation n'est pas sans danger pour la cession de droits (un éditeur peut choisir de traduire lui-même l'application), les droits d'auteurs, et l'Allemand Till Weitendorf (Oetinger) a insisté sur la nécessité de s'appuyer sur un éditeur qui connaît le marché du pays.

L'institut Nielsen a souligné la baisse des ventes des livres imprimés dans les pays couverts par le panel (à l'exception de l'Inde où ils sont en hausse de 16%). Les livres numériques pour la jeunesse sont en augmentation mais ne représentent actuellement que 2% du marché américain du livre pour la jeunesse et 4% du celui des jeunes adultes. En Grande-Bretagne, ils représentent 6,5% ventes en 2012, contre 2,2% en 2011 (pour un marché général de 14,3% en 2012 et de 5,8% en 2011). Au passage, Ann Betts (Nielsen) a balayé le mythe des «jeunes adultes»: «Ces livres sont lus par des gens beaucoup plus vieux» a-t-elle assuré.

Parallèlement cette journée professionnelle a ouvert des perspectives de développement pour les éditeurs du monde entier. Les différentes études présentées ont montré, contre toute attente, un renouveau du documentaire (+5,47 % selon Nielsen), les bonnes ventes des livres d'activité, et ont souligné l'importance du segment des 7-12 ans. Mais «partenariat» a aussi été le maître mot dans la journée, renforçant les éditeurs dans leur métier. «Nous sommes une petite maison indépendante et nous recherchons des coéditeurs pour nos applications. Mais je refuse de travailler avec des gens qui pensent faire de l'argent rapidement, je recherche de vrais partenaires» a précisé la Britannique Kate Wilson, fondatrice de Nosy Crow, qui coédite avec la France (Gallimard Jeunesse), l'Allemagne et les Pays-Bas. «Nous sommes dans un monde numérique dans lequel il est difficile de se repérer. Parallèlement, le monde du livre est en train de changer, les ventes d'e-books se stabilisent, les marques prennent de la puissance: il faut être à l'écoute de ces changements» conclut Hedwige Pasquet, directrice de Gallimard Jeunesse.
15.04 2015

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