La performance commerciale de L'Adolescence du perroquet, 34e roman d’Amélie Nothomb (Albin Michel), illustre la tendance d’un marché du livre neuf en baisse, dont les auteurs phares accusent en grande majorité un recul de leurs ventes en 2026. Deuxième du Top 20 NielsenIQ BookData / Livres Hebdo pour la deuxième semaine consécutive, le titre réalise en volume l'un des plus faibles démarrages de l'autrice belge, avec tout de même près de 25 500 exemplaires écoulés depuis sa parution le 19 août.
En baisse de 16 % par rapport à Tant mieux, sorti l’an dernier et écoulé à 30 200 exemplaires après deux semaines de parution, la performance de vente est la deuxième plus modeste de la période récente après celle de Riquet à la Houppe en 2016 avec 22 064 exemplaires. Elle se situe loin des standards de ces dernières années (2021-2025) dont la moyenne est d’environ 29 600 copies vendues lors des deux premières semaines.
Le parallèle avec 2016, déjà une autre époque de ventes, reste instructif : après un départ comparable, Riquet à la Houppe avait plafonné à 114 100 exemplaires cumulés en 25 semaines, soit le total le plus bas. Un scénario que l'absence de prix littéraire pourrait reproduire cette année pour L'Adolescence du perroquet.
Le cas Premier sang
Car entre-temps, le cas Premier Sang (2021) reste la meilleure illustration inverse : malgré un départ dans la moyenne, le couronnement au prix Renaudot en novembre de la même année avait déclenché un rebond de +230 % la semaine suivante, portant le cumul à 25 semaines à 286 750 exemplaires. Près du double des scores habituels d'une rentrée Nothomb à la même échéance (130 000 à 170 000 exemplaires pour les titres entre 2022 et 2025).
Autre enseignement salutaire lorsqu’on regarde dans le rétroviseur des ventes des titres d’Amélie Nothomb via la base Electre : décembre pèse structurellement un cinquième à un tiers des ventes annuelles totales, quel que soit le niveau du démarrage d'août.
Après deux semaines de parution, les performances de L’Adolescence du Perroquet confirment donc un marché de rentrée en repli tendanciel, mais l'historique montre que le verdict définitif se joue aussi sur les prix d'automne et le pic de décembre, et pas seulement sur les premiers jours de ventes.
