Après l'annonce de l'ouverture d'une librairie du réseau Mon Chat Pitre à Bordeaux en janvier dernier, c'est au tour de Versailles d'accueillir le concept, qui associe librairie et chats de refuge accueillis en boutique. Mon Chat Pitre Versailles ouvrira fin avril rue du Général Leclerc, dans les murs de la librairie Antoine, fondée en 1893 et fermée en juin dernier.
Ingrid Delaetre, qui travaillait jusqu'alors à la mairie de Chesnay-Rocquencourt, reprend ces locaux pour y installer la première franchise francilienne du réseau fondé par Solène Chavanne et Jean-Philippe Doux en 2021 à Aix-en-Provence. Depuis le lancement de l'appel à candidatures en juin 2024, le réseau reçoit encore une dizaine de demandes par jour.
Un local chargé d'histoire
La librairie Antoine avait fermé ses portes en juin dernier après plus d'un siècle d'activité. Lorsque le bail s'est libéré, Ingrid Delaetre a convaincu l'agence immobilière de lui confier les locaux. « Quand je leur ai expliqué le projet, ils ont tout de suite adhéré », confie la néolibraire, jointe par Livres Hebdo. La réaction des riverains confirme l'attachement au lieu : « Je vois des gens qui m'interpellent dans la rue parce qu'on a commencé les travaux. La fermeture de la librairie a suscité beaucoup d'émotion, il y a une symbolique très forte. »
Le local de la rue du Général Leclerc n'a pas changé de vocation depuis la librairie Antoine, mais il a changé de locataire dans des circonstances agitées : en 2023, le gérant Antoine Michon avait mené bataille face à une tentative de triplement du loyer, de 19 000 à 57 000 euros annuels, avant que le bail ne soit finalement rompu un an plus tard. « L'ancien locataire avait repris un bail qui encadrait le loyer pendant plusieurs années, ce qui pourrait expliquer une hausse à l'issue de son contrat. En revanche, je n'ai pas connaissance des conditions qui lui étaient appliquées », précise Ingrid Delaetre.
Jointe également par Livres Hebdo, la fondatrice du réseau Solène Chavanne revient sur le parcours de sa franchisée : « Elle était en reconversion professionnelle, elle travaillait en mairie. Elle m'a contactée car elle avait envie de changer de vie et était passionnée par les livres et les chats. Elle a cherché un local à Versailles et a trouvé cette librairie. J'ai reçu sa candidature, ensuite elle a rencontré Caroline Picard, qui a ouvert le premier Mon Chat Pitre à Colmar, et cela a été une évidence pour elle. »
La reprise ne s'accompagne d'aucune continuité avec l'ancienne enseigne. Il n'y a pas de rachat de fonds ni de reprise d'équipe. Ingrid Delaetre s'appuie sur une libraire expérimentée qu'elle vient de recruter. La surface sera légèrement agrandie, d'environ 30 m² supplémentaires, avec à l'arrière une pièce entièrement dédiée aux chats : « S'ils en ont marre de leur public en cours de journée, ils pourront se réfugier dans la partie arrière, qui sera aménagée pour eux. »
Jeunesse, ados et chats libraires
Pour composer ses 10 000 références, Ingrid Delaetre a fait de la jeunesse le cœur de son offre : « J'avais vraiment envie que dans ma librairie on mette l'enfant et l'adolescent en avant. J'ai imaginé un premier univers avec les petits de 0 à 8 ans et une autre pièce uniquement dédiée aux adolescents avec BD, manga, romance, un canapé, une forme d'espace cocooning aux côtés des chats. Je voulais vraiment que chaque personne qui entre dans la librairie ait son univers. Cette librairie est aussi sur le passage de plusieurs lycées qui mènent vers la gare. »
Côté pensionnaires, deux chats ont déjà été adoptés auprès de l'association SOS Matous de Chanteloup-les-Vignes : Marius et Hermione, actuellement hébergés en famille d'accueil. « L'idée était de ne prendre que des chats de refuge. Il faut s'assurer que les chats soient vraiment heureux et que ce soit adapté au bien-être animal », souligne Ingrid Delaetre.
Une charte en ce sens sera affichée à l'entrée. La comédienne Catherine Benguigui parrainera les deux félins et se déplacera à l'ouverture pour les rencontrer. D'autres ouvertures sont prévues prochainement : Toulouse, Lyon, Albi et Nancy. Des demandes ont aussi été reçues de Suisse, de Belgique et du Québec.
