« Cette édition 2026 est empreinte d’une certaine gravité. La chaîne du livre est en grande fragilité. Le livre, les libraires font face à une diminution des ventes et de la lecture. » Le Livre sur la Place a été ouvert vendredi 11 dans l’après-midi par le maire de Nancy, Mathieu Klein, qui a souhaité que lors de cette 48e édition « les points de tension, on en parle ».
Joignant le geste à la parole, il l’a donnée aux deux coprésidents de cette édition, les écrivains et diplomates Élias Sanbar et Élie Barnavi (respectivement auteurs d'un Dictionnaire amoureux de la Palestine et d'Israël chez Plon). L’Israélien évoquant « un pays qui va dans une direction épouvantable » et « la bêtise (qui) envahit à nouveau le monde. » « Mais à Nancy, j’ai trouvé une bouffée d’air frais », s'est-il réjoui.
Le Palestinien de son côté a évoqué le lendemain lors de leur rencontre avec le public à L’Opéra de Nancy le fait qu’ils constituent les deux parties indissociables d’un problème qu’ils ne peuvent résoudre qu’à deux. « Un Israélien peut faire le tour du monde pour ses affaires. Mais quand il rentre chez lui, je suis au milieu de son jardin. »
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Vendredi à 16 heures, Guillaume Musso a dédicacé son dernier livre Le crime du paradis (Calmann-Lévy) à des fans dont certains avaient attendu plus de deux heures. Alors qu’à 18 heures, Christophe Ono-dit-Biot a parlé de L’odyssée de l’Odyssée (Grasset) au musée des Beaux-Arts devant une salle comble.
Ailleurs, Rebecca Manzoni, Élisabeth Philippe ou Arnaud Viviant enregistraient « Le Masque et la Plume » en public. Pendant qu'à la salle Poirel six des autrices du collectif État Généreux, lisaient des extraits de leur livre La grande Évasion. Virginie Despentes, Colombe Schneck, Laure Limongi, Tania de Montaigne, Vanessa Springora et Anne Berest étaient accompagnées de Philippe Claudel, le président de l’Académie Goncourt, qui participe également au livre : « La solidarité me paraissait évidente ».
Tout comme Thélyson Orélien, le primo-romancier québécois auteur de C’était ça, ou mourir (Grasset) qui est sur toutes les listes de prix. Le tout en présence d’Olivier Nora, venu également soutenir les auteurs de la rentrée Grasset presque tous au rendez-vous de Nancy.
Le soir, au dîner du maire, les éditeurs discutaient avec les jurés Goncourt pendant que les auteurs d’une même rentrée apprenaient à faire connaissance alors que les premières listes les opposent déjà.
L'entrée du Livre sur la place à Nancy- Photo JBPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Samedi, alors que Franck Thilliez, Nicolas Beuglet ou encore David Foenkinos multipliaient les signatures, les rencontres ont fait salle comble. « Que sommes-nous prêts à risquer pour nos engagements ? » à la Préfecture, avec Yannick Haenel, David Djaïz et un invité mystère : le militant anti-drogue marseillais Amine Kessaci, sous haute protection policière. « Je refuse de me plaindre ! Adolescent, je portais les sacs des mères de la cité quand les ascenseurs étaient en panne. Aujourd’hui en tant qu’adjoint au maire, je les fais réparer », a-t-il lancé.
Alors que Rachida Brakni, Thélyson Orélien et Abdellah Taïa évoquaient « Les blessures de l’exil » à l’Hôtel de ville. Et qu’« Histoires de Fils » avec Boris Bergmann, Pascal Bruckner et Franck Courtès à la Cour d’appel était suivi de la rencontre « Le livre de ma mère » avec Véronique Ovaldé et Louise Chennevière à la Préfecture.
Des rencontres qui prennent de l'ampleur
Certaines thématiques des rencontres pouvaient sembler dures, mais… « c’est le monde et les livres qui le racontent qui sont ainsi. “Le livre sur la Place” ne doit pas être une bulle culturelle en dehors de la vie, même s’il y a aussi des rencontres autour de l’art ou de l’érotisme qui séduisent une large audience », nous explique Sarah Polacci la commissaire générale de la manifestation. « Le public vient aux rencontres parce que la thématique l’intéresse et en repart avec le livre d’un auteur qu’il ne connaissait peut-être pas, mais dont le discours l’a convaincu », complète-t-elle.
Côte à côte sous le chapiteau, l’acteur Guillaume de Tonquédec et Thélyson Orélien ont signé autant de livres l’un que l’autre. Alors que les candidats au Goncourt : Anne Godard, Lilia Hassaine, Philippe Jaenada ou Yannick Haenel en dédicaçaient à peine moins que les stars de la romance Laura Ezrena, Emma Bardiau et Léa Nemezia.
L’autrice de BD Catherine Meurisse a rempli la Salle Poirel, démontrant l’ouverture de la manifestation à tous les genres. L’Irlandais Colum McCann et l’Ukrainien Andreï Kourkov représentaient, notamment, la littérature internationale.
« En cinq ans, nous sommes passés de 200 à 269 rencontres, cette année nous avons accueilli une douzaine de nouvelles maisons, en nous ouvrant notamment à la poésie et à des lectures en musique », se félicite Sarah Polacci. La manifestation a accueilli 135 000 visiteurs comme l'an passé. Les rencontres ont pris de l'ampleur et ont attiré 34 000 personnes au lieu de 27 800, l'an passé. D'après les libraires, les ventes de livres sont en hausse, et leur chiffre exact devrait être connu dans les prochaines heures.

