Une nouvelle maison d’édition de bande dessinée fera son entrée le 7 mai au sein du groupe Média Participations, avec la parution de Pourpre Sang de Léo Chérel. Baptisée Astrolabe, cette structure a été fondée par François Hercouët, également directeur des éditions Urban Comics. L'éditeur fait d'emblée le distinguo entre les deux maisons : « Il faut vraiment que le public comprenne qu'Astrolabe et Urban Comics sont distinctes tant dans la ligne éditoriale que dans les formats proposés », confie-t-il à Livres Hebdo.
Passer à la création directe
L’un des points de départ d'Astrolabe réside dans les relations nouées par l’équipe avec certains auteurs publiés chez Urban Comics. Jusqu’ici, la maison s’est principalement consacrée à l’édition française d’œuvres de comics déjà publiées à l’international. Avec Astrolabe, il s’agit cette fois de franchir l'étape de la création directe. « Avec certains auteurs, la relation a évolué au fil du temps, dépassant le cadre strictement contractuel. L’envie s’est imposée d’aller plus loin en développant des projets conçus dès l’origine avec eux », explique François Hercouët.
Parmi ces auteurs figurent notamment l'Américain Sean Murphy et l'Indien Ram V, avec lesquels l’éditeur collabore depuis plus d’une décennie.
Astrolabe entend ainsi s’appuyer sur ces collaborations pour proposer des projets pensés dès l’origine pour le marché européen. « On veut travailler avec des auteurs américains comme tête de pont vers le marché européen », indique François Hercouët.
Un rythme de création adapté au format franco-belge
La maison revendique également une approche différente des standards qui prévalent pour les comics, dont le rythme de production est plus court que pour la BD franco-belge. « Il y a chez ces auteurs une fascination pour le temps long. Nous voulons leur offrir un espace de réflexion et de maturation des projets ». Cette orientation se traduit par un rapprochement avec les codes du format franco-belge, tant dans le rythme que dans la conception des ouvrages.
Sur le plan éditorial, Astrolabe fait le choix d’une spécialisation assumée. « Nous sommes un éditeur de genre », résume François Hercouët. Science-fiction, fantastique, horreur, thriller ou western constituent le cœur du catalogue. À l’inverse, certains segments sont exclus : « Nous ne ferons pas de roman graphique, ni d’adaptation littéraire, ni de documentaire. »
Le nom de la maison renvoie à l’imaginaire de l’exploration. « Astrolabe s’inscrit dans un lexique de l’aventure et de la navigation », précise François Hercouët. Cette logique se prolonge dans l’organisation éditoriale, structurée en neuf collections, chacune dédiée à un genre spécifique et identifiable par un pictogramme. « L’idée est de structurer notre offre », souligne-t-il.
Premiers titres à paraître
Le premier titre, Pourpre Sang, est signé par Léo Chérel. Formé à l’école Pivaut à Nantes, l'auteur propose le premier tome d’un diptyque. D’autres projets suivront, notamment avec des auteurs internationaux reconnus comme Matteo Scalera et Sean Murphy.
En octobre 2026 paraîtra également Le Phare, une anthologie réunissant huit équipes artistiques composées d’un auteur français et d’un auteur international. « Chaque histoire courte sera construite autour d’un même thème (le phare) tout en explorant un genre différent. L’idée est d’en faire un laboratoire et un manifeste créatif », explique François Hercouët.
Au-delà de son positionnement éditorial, Astrolabe revendique une vision plus large du rôle de la bande dessinée de genres. « Il y a aujourd’hui un besoin fort d’imaginaire. En temps de crise, on observe une résurgence des genres, analyse François Hercouët. L’imaginaire est une forme de refuge. »
Publications et tirages
Astrolabe publiera quatre titres en 2026, avant une montée en puissance prévue à six à huit titres en 2027. Les tirages initiaux sont compris entre 10 000 et 13 000 exemplaires, ajustés selon l’accueil des ouvrages.
