La Belle Ouvrage vient de se lancer sous l’impulsion de Julie Alinquant, ancienne directrice de production chez Bragelonne, et de César Bastos, spécialiste du marketing et du financement participatif. Leur ambition : transformer des classiques littéraires tombés dans le domaine public en livres-objets au design soigné et à la production haut de gamme.
« Notre priorité était de fabriquer des beaux livres »
« J’aime concevoir des livres collectors. Je me suis vite rendu compte que ce format séduisait non seulement les lecteurs, mais aussi les amateurs d’art et de beaux objets », confie Julie Alinquant à Livres Hebdo. Elle explique également le choix du nom de la maison : « Notre priorité était de fabriquer de beaux livres, et l’expression “c’est de la belle ouvrage” s’est imposée naturellement. »
Chez La Belle Ouvrage, une attention toute particulière est portée à la fabrication : papier haut de gamme, couvertures rigides, étuis conçus comme des œuvres à exposer, dorures et signets soigneusement travaillés. Selon Julie Alinquant, près de 50 % du prix des livres sera consacré à leur production, bien au-delà de la moyenne du secteur. « Dans l’édition traditionnelle, le coût de fabrication représente généralement entre 8 % et 25 % du prix de vente, et il varie fortement selon le tirage », précise-t-elle.
Couvertures des trois premiers titres de la maison d'éditions La Belle Ouvrage- Photo LA BELLE OUVRAGEPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Ces frais de production supérieurs à la norme ne suscitent toutefois pas d'inquiétude : « Nous pouvons nous le permettre car nous n’avons pas de frais de structure importants, ni de stockage, ni d’invendus. Grâce au financement participatif, nous ne fabriquons que les exemplaires déjà vendus. »
Des classiques revisités
La première collection se concentre sur trois titres : Orgueil et Préjugés de Jane Austen, Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas et Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde. Chaque livre sera illustré par des artistes contemporains (Anaïs Flogny, Juliette Brocal et Anouck Faure) et accompagné de préfaces de personnalités comme Rokhaya Diallo, Frédérick Sigrist ou Océan et Ezra Baudou.
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Pour offrir une nouvelle dimension à des textes déjà largement accessibles et souvent réédités, l’éditrice souhaite « apporter un regard neuf sur ces classiques, notamment à travers l’illustration et des préfaces signées par des personnalités qui ne viennent pas forcément du milieu universitaire ou éditorial ».
Une approche participative et responsable
La production des premiers titres passera par un financement participatif. La campagne Ulule, prévue à partir du 17 février, permettra de concrétiser les tirages et d’enrichir les ouvrages selon les paliers atteints.
La Belle Ouvrage affirme également une démarche écologique et éthique : impression en France ou en Italie, réduction maximale de l’usage du plastique, rémunération équitable des artistes et refus de l’utilisation d’intelligence artificielle générative dans la conception des ouvrages.
Des partenariats pour accompagner le lancement
Le projet s’appuie sur un dispositif marketing étendu. La Belle Ouvrage a noué un partenariat avec le réseau social Babelio, ainsi qu’avec plusieurs influenceurs culturels : Jeannot se livre, The Simones, Oh Pét.ART, FrenchyFancy ou Match With Art.
Concernant le tirage, Julie Alinquant précise : « Pour assurer la réussite du crowdfunding, un tirage minimum de 200 exemplaires par titre est prévu. Il n’y a en revanche pas de limite maximale. » Enfin, pour ce qui est du prix de vente, la maison le fixe entre 60 et 90 euros selon l’ouvrage.

