Au lendemain de l’annonce de la fermeture de quatre librairies Decitre en région Auvergne-Rhône-Alpes, dans le cadre du redressement judiciaire du groupe Nosoli, l’illustratrice lyonnaise Céline Chapdelaine, connue sous le pseudonyme Céline dessine n’importe quoi, a lancé une initiative nationale de soutien aux librairies baptisée La Bamboche des librairies.
Relayée sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram le 30 juin, l’idée a rapidement rencontré un large écho citoyen. En ligne, professionnels et aficionados du livre s’organisent depuis pour que l’événement puisse se tenir le samedi 11 juillet sur l’ensemble du territoire.
« Le principe de la Bamboche des librairies est volontairement simple : le 11 juillet, on pousse la porte de sa librairie, on discute, on repart avec un livre. Aucun dispositif compliqué, juste un geste collectif, festif et à la portée de tous », a indiqué l’illustratrice dans un communiqué.
Inspirée par l’opération québécoise « Le 12 août, j’achète un livre québécois », décrite par les concernés comme une véritable « bouffée d’oxygène » pour le secteur, la Bamboche des librairies entend rencontrer la même adhésion, et s’imposer comme un nouveau rendez-vous annuel.
Cette mobilisation collective intervient dans un contexte de fragilisation croissante du réseau des librairies. Pour la première fois depuis la création de son dispositif, le Centre national du livre (CNL) a en effet recensé pour l’année 2025 davantage de fermetures que d’ouvertures.
Les redressements judiciaires touchent désormais des librairies emblématiques telles que Gibert, Decitre, Furet du Nord ou encore Sauramps. Parallèlement, de nombreuses structures plus modestes, parfois récemment créées mais aussi solidement implantées depuis des années, se retrouvent également en difficulté, au point de voir leur avenir menacé.
Dans le même temps, Makassar, distributeur spécialisé dans l’approvisionnement des maisons d’édition indépendantes, se trouve au bord de la faillite. Depuis plusieurs mois, l’entreprise ne règle plus les ventes dues à ses éditeurs diffusés. Une situation qui, faute de repreneur, fragilise de nombreux acteurs indépendants et témoigne de la crise profonde actuellement traversée par le secteur du livre.
