État d'arme. Pour qui suit de près l'œuvre de Jo Nesbø et pour situer le niveau, il convient de préciser d'emblée que les droits cinématographiques de ce Un loup dans la ville ont d'ores et déjà été acquis par Hollywood. En l'absence de Harry Hole, c'est un Bob Oz yankee d'origines norvégiennes qui endosse le rôle du flic borderline et bientôt mis à pied pour violence en service. À la fois du classique et du neuf donc. Mais la structure du roman est quant à elle parfaitement inédite. Aujourd'hui, un écrivain scandinave dénommé Holger Rudi débarque à Minneapolis afin de novéliser des crimes apparemment sans mobiles, perpétrés six ans auparavant par un sniper mexicain. Nous devrons donc tirer les fils de trois pelotes pour dissiper le brouillard qui motive les meurtres déraisonnés d'un tueur à l'identité floue et celui qui entoure les recherches de Bob Oz et de Holger Rudi. Les motivations de chacun se dessinent en cours de route entre esthétique de film noir et mélancolie sépulcrale. Le Delon du Samouraï n'est pas loin. Seul le silence orchestre ces solitudes parallèles, juste troublées par les détonations des armes en libre circulation. Et là, Jo Nesbø s'insurge pour faire de ce nouveau roman une tribune anti-National Rifle Association of America (NRA). En conjuguant les dangers du deuxième amendement (celui qui autorise le port d'arme aux États-Unis) à ceux de la vengeance froide et des passés douloureux, il croise toutes les formes possibles d'exécutions : celle d'une personne, d'un vœu, d'un travail... De fait, n'y a-t-il qu'un loup dans la ville ?
Un loup dans la ville
Gallimard
Traduit du norvégien par Alain Gnaedig
Tirage: 40 000 ex.
Prix: 21 € ; 432 p.
ISBN: 9782073068958
