Asie

Hong Kong : des librairies indépendantes ferment sur fond de répression

Vue aérienne de Hong Kong - Photo Air Pano / Only France via AFP

Hong Kong : des librairies indépendantes ferment sur fond de répression

À Hong Kong, les autorités renforcent le contrôle des librairies indépendantes en raison de contenus qu'elles jugent « séditieux ». Une librairie perquisitionnée par la police de la sécurité nationale a annoncé mercredi 29 juillet sa fermeture après 50 ans d'activité, tandis qu'une autre a cessé ses opérations avant la date prévue.

Par Souen Léger
avec AFP Créé le 29.07.2026 à 14h45

La répression sur les librairies indépendantes se durcit à Hong Kong. En juillet, la police a fouillé deux librairies et arrêté cinq personnes suspectées d'avoir affiché et vendu des « produits à caractère séditieux ».

La librairie Greenfield, un pilier de la scène des librairies indépendantes de la ville depuis son ouverture en 1976, a annoncé qu’elle fermerait ses portes à l’expiration de son bail. (Nous sommes) « reconnaissants envers chacun d’entre vous d’être restés à nos côtés dans les bons comme dans les mauvais moments pendant ces 50 dernières années, merci, prenez soin de vous », pouvait-on lire sur les réseaux sociaux, sans plus de précisions.

Perquisitions et arrestations

Par ailleurs, deux employés de la librairie Hunter ont été arrêtés en juin, quand quatre salariés de Book Punch avaient été arrêtés en mars pour vente d'articles à « caractère séditieux ».

La librairie Have a Nice Stay, fondée en 2022 par un groupe d'anciens journalistes, dans un contexte médiatique toujours plus restreint, a également été perquisitionnée en juillet. Mercredi 29 juillet, devant sa boutique, un panneau indiquait une fermeture immédiate.

« À compter d’aujourd’hui, Have a Nice Stay cessera temporairement ses activités », a indiqué la librairie. Avant sa perquisition, l'enseigne avait indiqué qu'elle fermerait ses portes en août, notamment en raison du contexte social et de sa situation financière.

Une législation de 2024

Les autorités ont sévi contre des librairies en raison de contenus qu'elles estiment « séditieux », visés par la loi sur la sécurité nationale, une législation élaborée localement et adoptée à Hong Kong en 2024, qui vient s’ajouter à une loi plus large imposée par Pékin après que des manifestations pro-démocratie ont paralysé le centre financier en 2019.

À la suite des perquisitions menées ce mois-ci, le chef de la sécurité, Chris Tang, a déclaré que les libraires doivent s’assurer que les ouvrages qu’ils vendent « ne mettent pas en danger la sécurité nationale ».

« Faire taire les voix dissidentes »

En réponse aux descentes de police dans les librairies hongkongaises, Amnesty International s'est exprimée le 15 juillet, défendant que l’utilisation de poursuites pour sédition « montre une nouvelle fois que la législation de Hong Kong relative à la sécurité nationale est détournée pour faire taire les voix dissidentes et éradiquer les espaces où l’on peut penser et débattre librement. »

« L’incertitude croissante quant aux "lignes rouges" que les libraires ne devraient pas franchir oblige les éditeurs et les auteurs à deviner quels titres pourraient entraîner l’ouverture d’une enquête judiciaire, une arrestation ou une fermeture, poursuit Sarah Brooks, directrice régionale adjointe d’Amnesty International. Cette ambiguïté est volontaire, car elle alimente la peur et l’autocensure, ce qui a des conséquences dramatiques sur la liberté d’expression. »

Les dernières
actualités