La liquidation judiciaire des librairies Sauramps, le 3 juillet dernier, a suscité de vives réactions. Tandis que David Lafarge, dernier directeur du réseau, indiquait à la mi-juillet à Livres Hebdo s’être vu confier par la ville et la métropole de Montpellier la mission de trouver de nouveaux locaux afin de faire renaître la marque sous une autre forme, une vingtaine de librairies indépendantes de la ville ont souhaité prendre la parole.
Le 27 juillet, dans un communiqué commun rédigé par Le Grain des Mots, Fiers de Lettres et le Bookshop, et signé par une vingtaine d’enseignes réparties sur l’ensemble du territoire montpelliérain, les libraires ont d’abord exprimé leur solidarité envers les 54 salariés de Sauramps licenciés.
Un réseau dense et diversifié de librairies indépendantes
Cependant, les signataires ont également tenu à rappeler qu’à Montpellier, « l’offre de librairies n’a jamais été aussi riche avec un réseau de plus de vingt librairies indépendantes, solidaires et complémentaires ». Une situation qui perdure en dépit des difficultés qui affectent l’ensemble de la chaîne du livre, marquée par « l’augmentation des charges, conjuguée à une baisse globale des ventes de livres, due à l’évolution des usages ».
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Par cette prise de parole collective, les librairies entendent également contester l’idée que « sans Sauramps la culture serait morte à Montpellier ». Elles vont même plus loin, qualifiant la chute de « l’empire Sauramps », d’opportunité pour « de nombreux projets entrepreneuriaux et associatifs, bien implantés dans leurs quartiers pour satisfaire tous les publics ».
La répartition et le nombre des librairies signataires illustrent en effet un maillage d’enseignes diversifiées. Située à deux pas de la Place de la Comédie, dans le centre-ville de Montpellier, la librairie Aux Notes d’Orphée se consacre à la musique. Quelques rues plus loin, le Bookshop propose une offre riche en littérature anglophone, assortie d’un espace café. Sa voisine, Azimuts, s’est quant à elle spécialisée dans la bande dessinée et appartient au réseau Canal BD.
Certaines des librairies contributrices ont également traversé des périodes difficiles, bien qu’elles maintiennent le cap et poursuivent leur activité avec détermination. Le Grain des Mots, notamment, a été fortement touché par un dégât des eaux à l’été 2022. Quatre ans plus tard, ses deux gérants, restés mobilisés, ont trouvé un nouveau local rue Gambetta, dont l’inauguration est prévue en septembre prochain. De son côté, L’Opuscule, un temps menacée de fermeture, a finalement trouvé refuge ailleurs.
Dans leur communiqué, les libraires ont rappelé leur capacité à « répondre aux appels d’offres et commandes publiques », mais aussi à contribuer activement à la vitalité d’événements comme la Comédie du livre, cette manifestation littéraire et populaire, qui accueille chaque année auteurs et débats pendant une dizaine de jours, et qui a célébré en mai dernier sa 41e édition.
