La mobilisation des auteurs des Éditions Grasset prend une dimension internationale. Ce lundi 11 mai, « la majorité des auteurs étrangers publiés par la maison » (d'après l'AFP) ont annoncé, dans un texte commun, qu'ils ne soumettraient plus leurs prochains livres à l'éditeur. En cause, le limogeage de son PDG Olivier Nora, dont ils tiennent pour responsable Vincent Bolloré, qui détient Hachette, maison mère de Grasset.
Des auteurs du monde entier
Dans un texte commun, les auteurs du domaine étrangers publiés rue des Saints-Pères font part de leur « vive inquiétude quant à l'avenir de cette maison, à son intégrité éditoriale, et aux équipes qui la font vivre ». Parmi les signataires figurent la Sud-Coréenne Han Kang, Prix Nobel de littérature 2024, l’Écossaise Ali Smith, l’Irlandais Colm Tóibín, l’Italien Sandro Veronesi, ou encore l’Islandais Jón Kalman Stefánsson qui soulignent : « Ce fut un honneur d'être traduits en français et publiés par une équipe aussi dévouée et de si haut niveau. »
Le texte, qui doit être publié dans plusieurs médias étrangers, précise : « Nous refusons que notre travail soit utilisé au service de fins politiques que nous ne partageons pas. L'extrême droite agit au-delà des frontières ; elle doit être combattue au-delà des frontières. »
Une mobilisation qui cherche à s'organiser
Les auteurs étrangers estiment que la mise à l'écart du PDG de Grasset a créé un précédent alarmant : « Le renvoi d'Olivier Nora pour ses choix éditoriaux laisse entendre qu'aucun éditeur chez Grasset, ni au sein de Hachette, n'est désormais à l'abri, que les éditeurs peuvent être congédiés à tout moment sans continuité ni protection, et que les conditions de l'indépendance éditoriale ont été fondamentalement compromises. »
Côté français, une réunion à huis clos des auteurs de la maison signataires de la tribune du 15 avril est prévue mercredi 13 mai dans un théâtre parisien, en présence de responsables du secteur et d'avocats, afin de définir les prochaines actions collectives. Vincent Bolloré avait de son côté assuré, dans une tribune publiée dans Le JDD le 19 avril, que Grasset « continuera » malgré le départ de nombreux écrivains.
