C’est un nouveau coup dur pour le groupe Gibert. Placé en redressement judiciaire le 28 avril dernier, ce dernier a vu, ce mardi 25 août, ses points de vente d’Évreux, de Poitiers, ainsi que la Librairie de la Place à Paris, placés en liquidation judiciaire. En cause, l’absence de proposition de reprise. La mesure entraîne, par ailleurs, la suppression de 27 postes.
Fin juillet, le groupe Gibert avait en effet dévoilé les premiers axes de son plan de redressement, « Gibert 2030 », prévoyant, entre autres, la proposition de cession de ces trois points de vente. L’administration judiciaire avait alors lancé un appel d’offres qui courait jusqu’au mardi 25 août.
Vingt-sept postes menacés
« Malheureusement, aucun repreneur ne s’est positionné pour la reprise des magasins d’Évreux, Poitiers, ou la librairie tourisme-ésotérisme du quai Saint-Michel. L’administrateur judiciaire a donc informé les représentants des salariés de la conversion du redressement judiciaire en liquidation », a indiqué la direction à Livres Hebdo.
Avec ces fermetures, 27 postes sont menacés : 12 à Poitiers, 10 à Évreux et cinq à la Librairie de la Place. Une nouvelle vague de départ qui vient s’ajouter aux deux fermetures déjà actées en juillet dernier, dans le cadre du plan de redressement du groupe. Celle, d’abord, du point de vente de Barbès, dans le XVIIIe arrondissement, annexe du vaisseau amiral dont la date de fermeture n’est pas encore arrêtée. Mais aussi celle du Corner Printemps à Nation, qui baissera définitivement le rideau à la mi-septembre, précise la direction.
Interrogée par Livres Hebdo sur de potentiels reclassements en interne, la direction du groupe assure que « des postes vacants seront proposés aux salariés qui seraient concernés par les plans de licenciement économique. » Elle ne précise cependant pas le nombre de postes disponibles, indiquant qu’une cartographie est en cours d’élaboration.
« Nous montons en charge au niveau de notre nouvel outil logistique »
Au-delà des fermetures, le quotidien des points de vente du groupe semble, depuis le placement en redressement judiciaire, marqué par des difficultés opérationnelles, comme en témoignait récemment un article du Monde. Publié le 14 août, celui-ci faisait le constat de rayons vidés et relayait l’inquiétude des salariés de plusieurs magasins. Aujourd’hui, la direction explique que, du fait du redressement judiciaire, l’approvisionnement des produits neufs avait dû être arrêté auprès de ses fournisseurs. Elle confie néanmoins que, depuis, le flux des commandes ainsi que l’approvisionnement de ses points de ventes a repris.
« Nous montons en charge au niveau de notre nouvel outil logistique. La difficulté a été de devoir gérer à la fois le redressement judiciaire, l'externalisation de notre logistique et le déménagement de nos supports situés dans notre ancien bâtiment de Vitry-sur-Seine. Nous sommes très mobilisés sur ce sujet. » La logistique du groupe a en effet été confiée à ID Logistics en juin 2025. Plus récemment, un nouvel entrepôt au Plessis-Pâté dans l’Essonne a été préféré à celui de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, ndlr).
L’autre mesure phare de la stratégie de redressement du groupe concerne le doublement de la part de l’offre de livres d’occasion, qui représente aujourd’hui 35% de son chiffre d’affaires total, pour la porter à 60 millions d’euros. Également interrogée sur la stratégie et les moyens déterminés pour développer une telle offre dans un paysage particulièrement concurrentiel et dopé par les plateformes en ligne, la direction indique que les détails seront dévoilés « prochainement ».
Cinq axes pour renouer avec une activité rentable
Elle rappelle néanmoins que les cinq axes forts de sa stratégie — placer l'offre d'occasion au cœur de son modèle sans cesser la vente de livres neufs, développer un service d'occasion auprès des librairies indépendantes, accélérer l'e-commerce, intégrer l'intelligence artificielle à ses processus et renforcer son maillage territorial via l'affiliation et un modèle de licences de marque — sont « complémentaires » et « ont été pensés pour parvenir à des résultats concluants. »
En juillet, la direction avait également fait part de son ambition de redynamiser l’activité du groupe autour de sa zone d’implantation historique, dans la capitale. Un projet qui n'interviendrait que « courant 2027-2028 », précise aujourd'hui la direction, qui préfère d'abord se concentrer sur « le retour à la rentabilité du réseau ». Elle indique néanmoins rester « à l'écoute de toute opportunité ».
