Quoi de neuf du côté de la Dotation générale de décentralisation (DGD) pour les bibliothèques ? Principal dispositif de soutien de l'État à l'investissement des bibliothèques publiques, celle-ci a fait l'objet d'une refonte ces derniers mois, avec un assouplissement, voire une extension de la définition des dépenses éligibles.
Soutien affirmé à l'outre-mer
Premier changement d'ampleur, les crédits ne sont plus répartis en deux, mais en trois enveloppes, comme le prévoit le décret du 15 juillet 2024 portant sur le concours particulier de la Dotation générale de décentralisation relatif aux bibliothèques. « C'était une actualisation nécessaire puisqu'en 2024 le gouvernement a pris la décision de créer une enveloppe spécifique aux collectivités ultramarines », explique le ministère de la Culture, interrogé sur les évolutions récentes du dispositif.
Ainsi, une première fraction est dédiée principalement aux projets courants de construction et d'équipement des bibliothèques situées en métropole ; une deuxième est dédiée aux projets ultramarins ; tandis qu'une troisième est mobilisable pour les projets susceptibles d'exercer un rayonnement départemental, régional, voire national. « Le décret du 15 juillet 2024 a aussi été rédigé dans un esprit de simplification normative puisqu'il est passé de 16 à 5 articles », complète le ministère.
Dans la foulée, une partie des dispositions réglementaires présentes dans l'ancien décret a basculé dans un arrêté, celui du 10 mars 2025, puis la circulaire du 18 juillet 2025 a remplacé celle du 26 mars 2019. Cette nouvelle circulaire, qui détaille les règles d'éligibilité des projets, les dépenses éligibles et les modalités d'évaluation des dossiers, change quelque peu la donne pour les collectivités et leurs bibliothèques.
Renforcer l'amplitude horaire
Parmi les changements, le plus notable concerne le soutien à la politique d'extension des horaires d'ouverture. « La DGD sert en très grande majorité à soutenir des projets de construction ou de rénovation des bâtiments des bibliothèques mais elle permet aussi d'accompagner les collectivités sur leurs projets d'extension d'ouverture », rappelle le ministère.
Comme précédemment, la durée maximale d’un financement DGD pour un projet d’extension d'horaires est de cinq années. Mais désormais, cette durée maximale est à considérer pour une bibliothèque et non plus pour la collectivité qui reçoit les crédits. « Pour les communes ou les intercommunalités dotées de plusieurs bibliothèques, le fait d'avoir déjà bénéficié de la DGD pendant cinq ans n'est donc plus exclusif : il devient possible de solliciter de nouveau la DGD si un autre établissement souhaite étendre ses horaires d'ouverture », indique le ministère de la Culture.
Toujours pour les projets de modification des horaires d'ouverture, tout projet visant à accroître la présence des professionnels des bibliothèques en situation d’accueil de la population, y compris par la création de services hors les murs, est éligible. Il peut s'agir, par exemple, de dessertes régulières via un bibliobus, d'un point relais chez un partenaire, ou encore de bibliothèques saisonnières.
Un budget constant
Concernant les projets de construction, rénovation ou extension de bibliothèque, d'autres nouveautés sont à signaler.
« Dans le contexte de la transition écologique, une partie des espaces extérieurs peut désormais faire partie des dépenses éligibles », souligne le ministère de la Culture, qu’ils soient compris dans l’enceinte de la bibliothèque comme un patio, ou bien situés autour de l’équipement et utilisés dans le cadre du fonctionnement de la bibliothèque comme un jardin de lecture, ou des gradins extérieurs pour une animation. Par ailleurs, les dépenses liées à la décoration des constructions publiques, plus communément dénommées « 1 % artistique », deviennent éligibles à la DGD.
En 2024 et 2025, près de 95 millions d'euros de crédits ont été alloués au titre de la DGD Bibliothèques. « Le même montant de crédit a été proposé dans le projet de loi de finances 2026, actuellement débattu au Parlement », indique le ministère de la Culture.
