Tout au long de l’été, la France est coupée en deux, entre juillettistes et aoûtiens. Les attachés de presse des maisons d’édition ne tranchent pas cet éternel débat. « Les mois de juillet et d’août, comme celui de décembre, sont des périodes creuses pour nous, en matière d’envois de services de presse (SP) », indique ainsi Gilles Paris, professionnel à la tête de son agence de relations presse qui travaille notamment pour Michel Lafon et Albin Michel. Quand vient l’été, la saison haute des SP est déjà passée.
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En effet, celle-ci précède de plusieurs mois la rentrée éditoriale de l’automne. Savannah Genvrin a ainsi adressé, courant mai, le programme des éditions Leduc, dont elle assure la promotion, pour les parutions d'août-septembre. Elle annonce alors se tenir à la disposition des journalistes, afin que ceux-ci puissent recevoir en SP ses nouveautés à venir aux rayons santé, bien-être, psychologie, etc. « Pour les livres de personnalités, nous faisons nos plans très en amont », ajoute Caroline Obringer, la directrice du service communication.
Gilles Paris, fondateur de l'agence éponyme- Photo DRPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
« Une rentrée littéraire se prépare en effet dès le mois de mai, confirme Valérie Borgese, chargée de la presse aux éditions Séguier. Au cours de ce moment fort de l’année, afin de pouvoir notamment gérer cette question des SP, et c’est une spécificité de ma maison, je peux gérer une équipe de dix collaborateurs extérieurs, ce qui est assez important. » Malgré cet effectif conséquent, la professionnelle se frotte parfois à une question complexe : comment faire quand les SP arrivent parfois seulement deux semaines avant la parution du livre ?
Avant le service de presse, l’envoi de jeux d’épreuves
Chez Seghers et au Seuil, où Valérie Guiter officie comme indépendante, l’envoi d’épreuves, à savoir le texte corrigé ou non avant sa mise en forme, peut constituer une première étape. « C’est ce que nous faisons si nous n’avons pas encore reçu le retour des commerciaux, que nous attendons pour imprimer les SP, explique la professionnelle. Pour nous, les temporalités les plus exigeantes sont celles des mensuels et de Livres Hebdo. Parfois, nous ne disposons pas des livres quand ils en ont besoin. »
Valérie Borgese, chargée de la presse aux éditions Séguier- Photo DRPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
« Mon rythme est en effet parfois beaucoup plus urgent que celui de certains attachés de presse », confirme Cédric Fabre, critique littéraire de Livres Hebdo, spécialisé en littératures de l'imaginaire. « Dans notre magazine, nous rédigeons des avant-critiques, deux à trois mois en amont », poursuit-il. « Cette gestion un peu particulière nous amène à travailler essentiellement sur des jeux d’épreuves », confirme Jean-Claude Perrier, son homologue spécialisé en littérature blanche, patrimoine et histoire littéraire.
Pendant les mois du printemps, il reçoit en moyenne une dizaine de textes par jour. Cette période de « rush » qui précède le temps fort de la rentrée d'automne est l'une des plus intenses de l'année, mais ce n'est pas la seule : « Je distingue trois périodes annuelles, si on ajoute à celle de septembre les vagues de parutions de janvier et de mars, poursuit Jean-Claude Perrier. Une poignée de mois avant, c’est toujours le rush. »
« Le cycle ne s’arrête jamais vraiment et s’intensifie »
Nelly Mladenov, active au sein du domaine des RP depuis près de 20 ans (avec des missions pour Grasset, Actes Sud, Arléa...), distingue surtout des temps forts liés aux deux rentrées littéraires, avec par conséquent d’importants volumes d’envois de SP sur les périodes de « fin mai-début juin et fin novembre-début décembre ». Le reste de l’année, la professionnelle dit suivre le rythme plus tranquille des parutions égrenées au fil des mois.
« Le cycle ne s’arrête jamais vraiment et s’intensifie, tranche plutôt son homologue des éditions de la Découverte, Pascale Iltis, directrice du service presse et de la communication. Je fais ce métier depuis 35 ans. Quand j’ai commencé, j’observais de réelles périodes de pause. Maintenant, c’est du flux tendu. » Son service ferme tout de même généralement ses portes en décembre, le temps des fêtes de fin d’année mais, hormis cette petite coupure, et un temps un peu plus calme en juillet, il semble ne jamais arrêter son activité.
En fait, une rentrée semble assez vite en chasser une autre en matière d’envois de SP. « Dès qu’on a terminé d’expédier ceux des parutions de l’automne, on se met très vite à envoyer le programme de la suite et à se projeter », poursuit Pascale Iltis. À cela vient s’ajouter une difficulté supplémentaire, concernant les radios et télés. La réorganisation des grilles et des programmes au cours de l’été contraint les services de RP à attendre le dernier moment pour envoyer leurs ouvrages.

