L'ancien président des États-Unis Barack Obama lance, sur Audible (propriété d'Amazon), « A Great Book with Barack Obama », un podcast disponible à partir du 24 septembre.
En collaboration avec Higher Ground, la société de production qu’il a fondée avec Michelle Obama, le podcast présentera six ouvrages en six épisodes, autour d'une conversation. Dans chaque épisode, Barack Obama sera en effet accompagné d’un invité – les noms n’ont pas encore été dévoilés – afin d’explorer un ouvrage qui a durablement orienté sa manière de penser et sa perception de la société.
Une bibliothèque très personnelle
« Les grands livres m’ont toujours aidé à comprendre qui je suis et ce en quoi je crois », explique Barack Obama qui a annoncé le lancement sur ses réseaux sociaux. Les six titres retenus, dit-il, « sont restés avec moi tout au long de ma vie » et ont chacun quelque chose à nous apprendre sur « l’expérience humaine ».
Pour cette première saison, l’ancien président a choisi des œuvres qui dessinent une véritable cartographie de ses influences littéraires : Le Chant de Salomon de Toni Morrison (traduit par Jean Guiloineau, Bourgois), La Taupe de John le Carré (traduit par Jean Rosenthal, Points), La prochaine fois, le feu de James Baldwin (traduit par Michel Sciama, Gallimard), De si jolis chevaux de Cormac McCarthy (traduit par François Hirsch et Patricia Schaeffer, Points), Tous les hommes du roi de Robert Penn Warren (traduit par Pierre Singer, Monsieur Toussaint Louverture).
Une sélection largement ancrée dans le XXe siècle. À une exception près : Gilead, prix Pulitzer 2005, publié en France par Actes Sud. Le roman de Marilynne Robinson occupe d’ailleurs une place particulière dans la trajectoire intellectuelle de Barack Obama. Ces derniers ont entretenu une correspondance après que le président l’eut invitée à dîner à la Maison-Blanche. En 2012, Obama lui avait remis la National Humanities Medal.
De la liste estivale au podcast
La passion littéraire de Barack Obama n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, ses listes de lectures estivales et ses sélections de fin d’année sont devenues un rendez-vous attendu, contribuant à faire connaître aussi bien des écrivains confirmés que de nouvelles voix.
Sa sélection publiée à la fin du mois de juillet en est une nouvelle illustration. L’ancien président y recommandait notamment One sun only (Random house) de la Française Camille Bordas, The Things We Never Say (Viking) d’Elizabeth Strout, ou encore Cool Machine (Fleet) de Colson Whitehead.
Mais là où ces listes s’ouvrent volontiers à l’actualité éditoriale, les six ouvrages choisis pour le podcast forment une bibliothèque plus intime et rétrospective. Ils semblent ainsi composer moins une liste de recommandations qu’un autoportrait indirect : celui d’un lecteur dont les convictions se sont nourries de romans et d’essais traversés par les questions de mémoire, de pouvoir, de l’histoire noire américaine, de morale et de responsabilité.
Avec « A Great Book with Barack Obama », la littérature devient donc un nouvel espace de conversation pour l’ancien président. Après la Maison-Blanche, les discours et les mémoires, Obama poursuit son dialogue avec le public par l’intermédiaire de ces livres qui, selon ses propres mots, « changent la façon dont on se voit soi-même et dont on regarde le monde ».
Barack Obama a lui-même écrit plusieurs ouvrages dont Les rêves de mon père : l’histoire d’un héritage en noir et blanc : autobiographie (traduit par Danièle Darneau, Points) et Une terre promise (traduit par Pierre Demarty, Charles Recoursé et Nicolas Richard, Fayard).
