C'est un double événement pour les éditions Hugo. Le 11 août, leur autrice vedette Morgane Moncomble a dévoilé sur Instagram l'adaptation en série d'Un automne pour te pardonner, premier tome de sa saga Seasons, pour Disney +. Un mois plus tôt, France Télévisions confirmait le téléfilm tiré d'Aime-moi, je te fuis pour la saison 2026-2027. Deux projets distincts, portés par des diffuseurs différents, pour une autrice signée chez la maison depuis 2017 et installée parmi les meilleures ventes de fiction du pays.
Un projet mûri en coulisses
Contactée par Livres Hebdo, Francesca Orlando, directrice des droits dérivés et du livre étranger chez Hugo, en retrace la genèse. « Nous avions signé des options audiovisuelles il y a déjà un petit moment. Nous n'avions le droit de ne rien dire, mais derrière, il y avait tout un travail de plusieurs équipes », explique-t-elle. Les deux annonces visent des publics complémentaires. « On est contents qu'il y ait des diffuseurs différents, plateforme ou télé, pour toucher le plus grand nombre », ajoute la responsable des droits, en poste depuis huit ans.
Ce succès s'est construit dans la durée. Repérée sur la plateforme Wattpad et signée chez Hugo en 2017, à 21 ans, l'autrice a vu ses tirages progresser roman après roman. « Au départ elle vendait 8 000 exemplaires, après 15 000, après 20 000 », se souvient Francesca Orlando. Aujourd'hui, la seule saga Seasons, composée de quatre tomes, dépasse le million et demi d'exemplaires.
La série tirée d'Un automne pour te pardonner est produite par UGC Fiction, le téléfilm adapté d'Aime-moi, je te fuis par La Méridienne. Sur les deux projets, l'autrice a travaillé aux côtés des équipes de production. « Elle est très soucieuse du respect de son œuvre, tout en étant consciente que, pour l'audiovisuel, il y aura certainement des adaptations à faire », précise la responsable.
Les deux romans de Morgane Moncomble portés à l'écran, Un automne pour te pardonner (à gauche) et Aime-moi, je te fuis, publiés chez Hugo.- Photo HUGO PUBLISHINGPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Une chaîne de cessions à plusieurs mains
Ces droits, Hugo ne les gère pas seul. Depuis le rachat de la maison par Glénat, l'éditeur s'appuie sur la cellule audiovisuelle du groupe. « Elle fait un peu office d'agent et nous travaillons vraiment main dans la main », détaille Francesca Orlando.
La prospection se joue dans les grands rendez-vous du secteur, comme le marché Shoot the Book à Séries Mania, où l'éditeur va à la rencontre des producteurs. Une règle encadre chaque accord. « Il n'y a pas un contrat qui soit signé sans que l'auteur ait rencontré le producteur », assure-t-elle.
Le mouvement dépasse d'ailleurs le phénomène Morgane Moncomble. Plusieurs autrices de la maison sont aujourd'hui sous option, y compris du côté du suspense. « Depuis trois ou quatre ans, il y a un vrai boom de la romance au niveau audiovisuel », observe la directrice des droits dérivés. D'autres annonces, glisse-t-elle, devraient suivre d'ici la fin de l'année.
Quand l'écran relance les ventes
L'enjeu, pour l'éditeur, est aussi commercial. « Les ouvrages sont revenus en tête des ventes, alors que c’étaient des titres de fond », rapporte Francesca Orlando. Dernier exemple en date, Off Campus, la série de romans d'Elle Kennedy, dont l'adaptation, diffusée sur Prime Video depuis le 13 mai, a rencontré un large succès. À sa sortie, les ventes de la saga, pourtant installée au catalogue d'Hugo depuis des années (2016, pour le premier tome), se sont envolées.
La maison espère un effet comparable avec Campus Drivers, de C.S. Quill, dont la série arrive en novembre sur la même plateforme, et dont les droits ont été cédés dans 14 pays.

