« Monsieur le Président de la République, pour garder mon honneur, je vous rends ma Légion d'honneur. » C'est par ces mots qu'Agnès Ledig ouvre une lettre ouverte à Emmanuel Macron, publiée sur son compte Instagram le 26 juillet. Une prise de position qui a rencontré un large écho, avec plus de 39 000 likes.
La goutte qui fait « déborder le vase de la colère »
Définitivement adoptée à l’Assemblée nationale et au Sénat, mardi 21 juillet, la loi d’urgence agricole ouvre notamment la voie à des dérogations à l’interdiction de deux pesticides de la famille des néonicotinoïdes, actuellement interdits en France en raison de leurs effets sur les écosystèmes et des risques qu’ils présentent pour la santé.
C'est précisément cette mesure qui a poussé la romancière Agnès Ledig à rendre la médaille qui lui avait été remise au printemps 2023, des mains de Daniel Picouly. Trois ans plus tard, celle qui déclarait vouloir « que cette décoration (lui) serve de porte-voix » dénonce publiquement « la faiblesse des décisions politiques devant l'urgence climatique ».
Au fil de cette longue publication, elle exprime son inquiétude face aux conséquences des pesticides sur la santé, en s'appuyant sur son expérience de « paysanne » et sur l'épreuve personnelle de la perte de son enfant. « La goutte de pesticides de la loi d'urgence agricole a fait déborder le vase de ma colère, de mon indignation », écrit-elle, avant de s'interroger sur la responsabilité de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. « En soutenant la loi d'urgence agricole, a-t-elle pris part à la préservation et à l'amélioration de l'environnement, ce dont elle a le devoir ? Non. », affirme l'autrice.
Une voix qui compte dans le paysage littéraire
Ancienne sage-femme en Alsace, Agnès Ledig se lance dans l'écriture en 2005 pendant la maladie de l'un de ses trois fils, atteint d'une leucémie, et poursuit après son décès à l'âge de 5 ans. Installée dans les Vosges, où elle élève des chèvres, l'autrice partage aujourd'hui son temps entre la nature et l'écriture.
Son premier roman, Marie d'en haut, publié en 2011 aux éditions Les Nouveaux Auteurs, remporte le Coup de cœur des lectrices du prix Femme Actuelle. Il s'écoule à plus de 14 000 exemplaires en grand format, puis à plus de 282 000 exemplaires chez Pocket, d’après les données d’Electre Nielsen/IQ Book Data.
Repérée par Albin Michel, elle publie en 2013 Juste avant le bonheur, récompensé par le Prix Maison de la presse. Le roman dépasse les 144 000 exemplaires vendus en grand format et les 567 000 en poche. En 2020, elle rejoint Flammarion avec Se le dire enfin, vendu à plus de 91 000 exemplaires, avant de connaître un nouveau succès chez J'ai Lu avec plus de 244 000 exemplaires écoulés.
Au fil de ses romans, mais aussi de plusieurs ouvrages jeunesse, Agnès Ledig s'est imposée comme une figure majeure de la littérature populaire française. Son dernier roman, Répondre à la nuit, paru en 2025 chez Albin Michel, s'est vendu à plus de 47 000 exemplaires en grand format.
D’autres personnalités se sont opposées au projet de loi dite Duplomb qui a précédé la loi d'urgence agricole, comme l’écrivain au prix Goncourt Nicolas Mathieu.
