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Fort d’une expérience de presque cinquante ans dans l’édition, Michel Moret, fondateur des éditions de l’Aire, se dit frappé par "l’émergence, depuis quelques années, d’une nouvelle génération d’auteurs et d’éditeur en Suisse romande". A côté des reprises de Zoé par Caroline Couteau, de L’Age d’homme par la fille de son fondateur, Andonia Dimitrijevic, de La Baconnière par Laurence Gudin, ou encore de Paulette par Noémi Schaub et Guy Chevalley, sont apparues ces dernières années de nouvelles maisons comme Olivier Morattel éditeur, Hélice Hélas ou Torticolis et frères. A la tête de ces entreprises, dont certaines, en particulier les plus récentes, sont des microstructures, se trouvent des jeunes gens qui se distinguent de leurs aînés par leur décomplexion vis-à-vis de leur identité suisse.
Xochitl Borel, L’Aire - Photo ALOIS GUTIÉRREZ/L’AIREPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Cette décomplexion est largement portée par les auteurs eux-mêmes avec l’apparition de jeunes voix parmi lesquelles se distinguent celles d’Arthur Brügger, de Guy Chevalley, d’Anne-Sophie Subilia, de Xochitl Borel, de Sarah Chardonnens ou encore de Matthieu Ruf. Le succès de Joël Dicker a aussi porté un coup de projecteur sur la création romande. "Quelque chose est en train de se passer en littérature, observe aussi Caroline Couteau. C’est toujours un peu difficile à expliquer, mais je crois que la création en 2006 à Bienne de l’Institut littéraire suisse, dévolu à l’apprentissage de l’écriture, et, dans le même temps, le développement du collectif AJAR, réunissant de jeunes auteurs romands, ont créé un contexte d’émulation et de créativité qui porte ses fruits."
Six éditeurs regroupés
Arthur Brügger, Zoé- Photo YVONNE BÖHLER / EDITIONS ZOÉPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Au-delà des textes eux-mêmes, la nouvelle génération d’écrivains et d’éditeurs suisses a aussi bien compris l’intérêt de jouer la carte de l’événementiel pour promouvoir sa production. Considérant que l’union fait la force, six éditeurs, L’Age d’homme, les éditions d’En bas, Art&fiction, Olivier Morattel éditeur, Hélice Hélas et La Baconnière, ont même créé un collectif baptisé Le Cran littéraire. Visant à développer, en partenariat avec le cinéma Bellevaux à Lausanne, une programmation régulière de performances littéraires autour des catalogues de ses membres, le collectif a également ouvert, en décembre dernier à Lausanne, une librairie servant aux six éditeurs de vitrine auprès du public romand. Installé dans les locaux de l’ancienne librairie La Proue, occupés ces dernières années par une librairie spécialisée religieuse qui a tiré sa révérence, ce nouvel espace leur offre aussi un lieu pour accueillir leurs événements.



