Rawe power. Le braquage de la National Bank of Ireland s'organise. James « Ructions » O'Hare prépare méticuleusement le coup. Son surnom signifie certes « grabuge », mais s'il peut en éviter les conséquences... Cette sage devise ne semble hélas pas être celle de toute sa famille, dont certains renégats traqués par l'IRA pour indélicatesses morales ou financières. Le casse se déroule néanmoins sans encombre. C'est après que les boulets et leurs dettes entrent en scène pour gripper la belle mécanique. Les trognes patibulaires réclament leur part du gâteau sans trop se soucier du code d'honneur et de l'implacable boomerang judiciaire. Ils ont tort, bien sûr, et s'en mordront les lunules.
Presque bons, brutes à l'occasion et forcément truands, il y a un peu de Richard O'Rawe dans chacun des personnages. Né en 1953 dans le quartier de Lower Falls de Belfast, l'auteur s'engage très jeune aux côtés des activistes républicains d'Irlande du Nord. Ces agissements d'opposition lui vaudront quelques stages en prison et lui inspireront plusieurs ouvrages (fictions ou documents) sur le sujet. Clairement étiqueté polar, ce Braquage à Belfast s'inscrit en marge d'une bibliographie politisée, sans pour autant renier un attachement viscéral à la cause nationaliste irlandaise. Sur un ton gouailleur qui jamais ne force le trait, le livre renoue avec le meilleur du pulp : parrains sournois, flics pugnaces et gangsters sociables à l'appui. C'est vif, drôle ou violent selon les besoins d'un rythme soutenu, réjouissant et fréquentable pour le coup.
Braquage à Belfast
Gallimard
traduit de anglais par Dominique Jeannerod
Tirage: 0
Prix: 22,00 €
ISBN: 9782073148643
