Qui n’a pas, quelque part en soi, un lieu d’enfance à demi oublié, où sommeillent encore des souvenirs ? Avec « Paradis perdu », la nouvelle collection de Charleston (maison du groupe Leduc), l’ambition est précisément d’explorer ces territoires intimes qui façonnent les individus et nourrissent l’imaginaire des écrivains. « Paradis perdu » proposera ainsi des récits sur « les lieux qui nous forgent ».
Le 2 avril, la collection sera inaugurée par la sortie de Mes frères, nos fantômes et moi, de Julien Sandrel, avec un tirage prévu de 20 000 exemplaires. Deux autres titres seront publiés en 2026 : On n’écrit pas sur le bonheur de Camille Anseaume et Sur la plage, abandonnée de Lisa Azuelos.
Explorer les lieux qui nous ont forgés
« L’idée de cette collection m’est venue lors d'une discussion avec plusieurs amies autrices pendant des vacances : nous évoquions nos souvenirs d’enfance », explique Debora Kahn-Sriber, aujourd’hui directrice de cette nouvelle collection. « En repensant à une maison de famille qui avait été vendue, l’une d’elles m’a dit : “C’est comme un paradis perdu” », poursuit-elle.
De cette conversation est née la collection, avec une idée précise : inviter des auteurs et autrices à revenir et à écrire sur les lieux qui ont façonné leur enfance et leur imaginaire, et qui continuent d’influencer leur œuvre.
Une dimension universelle
« Ces récits, ancrés dans des histoires familiales et des origines personnelles, entrent souvent en résonance avec l’expérience des lecteurs. C’est ce qui leur donne une portée universelle », souligne Karine Bailly de Robien, directrice générale des éditions Leduc.
La dimension symbolique se retrouve également dans la conception graphique des ouvrages. Les couvertures seront divisées en deux parties, avec un bandeau supérieur orné d’une plante évoquant le lieu au cœur du récit. Ainsi, sur le livre de Julien Sandrel, qui se déroule à Naples, figurera un olivier, tandis que celui de Camille Anseaume sera illustré d’hortensias, fleurs typiques de la Normandie où se situe son histoire.
Julien Sandrel, Mes frères, nos fantômes et moi (Charleston, « Paradis perdu »)- Photo LLPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Julien Sandrel sur les traces de son passé
Premier auteur à inaugurer la collection, Julien Sandrel est l'auteur de La chambre des merveilles, vendu à plus de 300 000 exemplaires au Livre de poche. Lors d’un échange avec son éditrice, il lui confie une idée qu’il mûrit depuis longtemps : revenir sur les traces de ses origines italiennes. L’écrivain, qui n’avait jamais exploré ce pan de son histoire familiale, décide alors de partir à la recherche de la tombe de son arrière-grand-mère.
« Peu à peu, le projet s’est transformé en véritable enquête familiale, qui lui permet de renouer avec son italianité », explique l’éditrice. Pour ce type de récit, Debora Kahn-Sriber encourage les auteurs à retourner sur les lieux évoqués, afin de « s’imprégner des éléments sensoriels qui font ressurgir les souvenirs ».
Julien Sandrel avait déjà abordé cette thématique dans son précédent roman Grazie, Merci, Thank You (Calmann-Lévy) mais de manière indirecte, à travers des personnages fictifs. Cette fois, l’exercice demande une introspection plus personnelle : « Il dit que c’était un peu comme une thérapie », confie Debora Kahn-Sriber en souriant.
Un thème au cœur de la littérature
Ce retour aux origines s’inscrit dans une longue tradition littéraire. « On peut évidemment penser à Colette ou à Marcel Proust : avec cette collection, nous sommes au cœur de la création littéraire », poursuit Karine Bailly de Robien.
La collection entend ainsi toucher un double public : les lecteurs déjà familiers d’un auteur, qui pourront découvrir une facette plus intime de son œuvre, mais aussi ceux attirés par les récits d’introspection et de retour aux racines, susceptibles de découvrir de nouvelles voix.
Une orientation littéraire singulière
Cette nouvelle collection se distingue au sein du groupe Leduc par la nature des textes qu’elle publiera : « Ce ne sont pas des romans, mais des récits littéraires, explique Karine Bailly de Robien. En cela, cette collection se différencie des autres imprints du groupe. Nous publions beaucoup de fiction : c’est la première fois que nous nous engageons dans une forme de non-fiction littéraire. » L’éditrice précise toutefois que cette orientation n’exclut pas totalement une part de fiction. Si le livre de Julien Sandrel n’en comporte pas, les prochains titres pourraient en intégrer une légère dimension.
La nouvelle collection a par ailleurs plusieurs projets en préparation, dont deux ouvrages en cours d’écriture, l’un signé Harold Cobert et l’autre Alexandre Duyck.
« Paradis perdu », collection au sein du groupe Leduc
« Paradis perdu » est une collection de chez Charleston, l’une des nombreuses maisons du Groupe Leduc. Elle s’ajoute à une offre éditoriale organisée autour des éditions Leduc (vie quotidienne), Animae (spiritualité), Charleston (fiction féminine), Nami (« healing fiction », ou « fiction guérisseuse »), Alisio (vie professionnelle), Akata (manga), Leduc Graphic (BD), Les Renversantes (essais) et Hors cadre (document), Belladone (roman noir) à laquelle s’ajoute le label de papeterie Le Papier fait de la résistance, lancé en 2020.
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