Les éditeurs sont unanimes : les ouvrages d'histoire pâtissent d'une diffusion qui va en s'amenuisant avec le temps. Confrontés à un marché structurellement baissier et à la concurrence d'Internet, particulièrement pour la vente de livres du fonds, les libraires commandent moins, réduisent leurs stocks et n'hésitent pas à renvoyer les invendus très rapidement. Les éditeurs s'efforcent donc d'adapter les tirages au plus près de la demande, quitte à produire un nombre réduit d'unités. Une formule rendue possible par la généralisation de l'imprimerie numérique à faible coût.
"La technologie est connue depuis une dizaine d'années, mais les prix ont sensiblement baissé depuis l'an dernier et sont maintenant très abordables pour de tout petits tirages. Cela nous permettra même à terme de passer à l'impression à la demande [en anglais POD pour print on demand, NDLR]", explique François Gèze, P-DG de La Découverte. "Il est devenu rentable d'imprimer un titre à 300 exemplaires, se félicite de son côté André Versaille, des éditions du même nom.
Larousse et Armand Colin commercialisent déjà une partie de leur catalogue en POD, tandis que d'autres éditeurs envisagent de franchir le pas, tels Flammarion et Pygmalion au printemps prochain. Cette nouvelle mutation a l'avantage de faire vivre le fonds des éditeurs, là où les librairies privilégient de plus en plus des nouveautés qu'elles déstockent en quelques mois. L'aubaine est également notable pour les maisons réputées pour leurs faibles tirages comme L'Harmattan ou Non lieu, petite structure dédiée aux mondes arabe et balkanique. Chez L'Harmattan, par exemple, un livre historique n'est édité en moyenne qu'à 250 unités. "Si un texte est bon, il doit exister, souligne son directeur, Xavier Pryen. Mais à cette échelle de production, cela implique de limiter les charges. »
