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Très sollicités par les nouveautés en économie-gestion, les libraires ont tendance à conserver moins longtemps les titres en rayon. Pour vivre, un ouvrage doit donc très rapidement trouver son public, sous peine de retour à l'éditeur. Mais la réduction des linéaires n'a pas les mêmes conséquences pour les éditeurs selon le segment d'activité concerné. Pour le livre professionnel et pratique, elle entraîne une concurrence accrue entre les acteurs. "On le constate de plus en plus, la durée de vie des ouvrages professionnels est de plus en plus courte. On est dans une situation de course effrénée à la parution de nouveaux titres qui se chassent les uns les autres, c'est un changement dans la manière d'appréhender notre activité", déplore Sophie Courault, chez ESF. Dans la collection "Formation permanente", les ouvrages de l'éditeur vivent deux à trois ans en rayon. "Mais pour les nouveautés, c'est parfois moins de douze mois", souligne Sophie Courault.
D'autres facteurs entrent en ligne de compte cette année, qui amènent au contraire certains acteurs à réduire la voilure. "En période d'élection, le marché est perturbé par les livres politiques, nous allons donc nous concentrer sur les ouvrages qui répondent à un besoin et dont la demande est détectée", prévient Emile Guchet, du Puits fleuri. Pour exister en librairie, Maxima parie de son côté sur l'achat d'impulsion avec des titres accrocheurs. "L'économie-gestion est plutôt en baisse en ce moment, les rayons sont petits. Comme nous ne sommes pas leaders sur le marché, il faut arriver à la visibilité pour trouver une clientèle. Le public ne s'arrête que s'il est interpellé", explique Laurent du Mesnil.
La diminution des linéaires en gestion est aussi une conséquence du développement de la vente en ligne dans ce secteur. En économie, en revanche, les mises en place d'essais dans les librairies continuent de jouer un rôle important dans le démarrage des titres. "Les livres d'actualité se vendent bien la première année alors qu'en gestion on a souvent affaire à des long-sellers qui ont moins besoin d'être poussés pour trouver leur public", conclut Claudine Dartyge, des Editions d'organisation.

