Si les ventes de livres numériques en B2C (business to consumer) sont encore faibles, les bibliothèques numériques représentent en revanche un débouché important pour les éditeurs. Elles permettent même de compenser en partie l’érosion des ventes papier. Les 400 « Repères » de La Découverte et les 800 « Que sais-je ? » des Puf, notamment, sont disponibles sur la plateforme Cairn. « Cette double offre de manuels de 1 200 titres se déploie fortement dans les BU et elle est rendue accessible sur les intranet aux enseignants et aux étudiants, se félicite le P-DG de La Découverte, François Gèze. La montée en puissance est bonne et les revenus permettent de compenser la baisse des ventes de l’imprimé ». « La désaffection des étudiants pour les livres papier est partiellement rattrapée par les liens excellents que nous entretenons avec les bibliothèques en matière de publications numériques », confirme Monique Labrune, la P-DG des Puf.
Après avoir démarré avec des revues, puis des ouvrages collectifs de recherche, Cairn.info a poursuivi avec des collections de poche comme « Repères » et « Que sais-je ? » et s’étend maintenant aux monographies, avec toujours une prédilection pour les ouvrages de recherche. « La plateforme s’adresse plutôt à un public d’étudiants avancés et d’enseignants-chercheurs. Nous démarrons ce nouvel axe avec les éditeurs déjà présents sur Cairn », détaille François Gèze. Les utilisateurs de bibliothèques numériques ne sont pas pour autant perdus pour le papier. « Ce n’est pas parce qu’un livre est disponible sur un bouquet que vous n’aurez pas des achats papier, à partir du moment où l’ouvrage constitue le socle même de l’enseignement. J’ai des étudiants qui ont acheté des ouvrages que je conseillais alors qu’ils étaient disponibles gratuitement à la bibliothèque », témoigne un professeur d’université. Un avis corroboré par François Gèze : « Nous disposons de quelques enquêtes sur les Etats-Unis, où les pratiques sont très en avance. Or, même là-bas, les livres de textes sont peu lus sur des tablettes. Les bases de données sont très utilisées, mais davantage pour les articles, l’e-learning… Il y a des usages qui font qu’on feuillette des livres en ligne pour se documenter, mais lire un livre complet pour l’étudier sur son support personnel, ce n’est pas la tendance. » <
