Il fait un carton planétaire. Sorti sur Netflix en juin 2025, l’anime KPop Demon Hunters, porté par Maggie Kang et Chris Appelhans, s’est hissé au rang de long-métrage le plus regardé de la plateforme avec plus de 541 millions de vues en à peine 100 jours de diffusion. Une performance appelée à se prolonger en librairie ?
C’est en tout cas le pari que souhaite relever Random House Children’s Books, filiale de Penguin Random House, qui, au terme de plusieurs mois d’enchères, a décroché les droits de création et d’édition des ouvrages liés à l’univers du film, en partenariat avec Netflix, publiant ainsi ses deux premiers titres dès le 31 décembre 2025.
Une collection portée par Les Livres du Dragon d'Or et Pocket Jeunesse
En France, les droits d'adaptation ont été confiés au groupe Editis via Les Livres du Dragon d’Or et Pocket Jeunesse, qui lanceront, dès le 5 mars, une collection inaugurée avec deux titres dérivés de l'univers du film. Une novélisation, ainsi qu'un roman graphique, viendront compléter cette offre au mois de mai.
« La mise en ligne du film animé a créé un sacré buzz. Les premiers échos nous ont été transmis par notre responsable commerciale des ventes en ligne qui, en juin-juillet, a vu débouler un important nombre de titres autoédités inspirés de l’univers, sur Amazon notamment », retrace Adélaïde Klein, directrice adjointe au pôle jeunesse et illustré d’Editis.
À l’été 2025, l’éditeur a donc pris contact avec la plateforme Netflix, avant de retrouver l’un de ses interlocuteurs lors de la 26e édition du salon Brand Licensing Europe (BLE), à Londres. Le groupe y a alors appris que Netflix souhaitait désigner un « master publisher » ; autrement dit un éditeur référent chargé de décliner l’univers sur papier et de piloter les cessions de droits à l’international. « À la Foire de Francfort, on discutait encore avec les éditeurs français et étrangers : l’enquête pour trouver le "master publisher" était lancée », s’amuse Adélaïde Klein.
« Il fallait faire une offre financière à la hauteur des enjeux »
La meilleure proposition a finalement été portée par Random House Children's Book. Côté France, c'est finalement Edi8, à travers Pocket Jeunesse, éditeur français de la saga Hunger Games, et Les Livres du Dragon d’Or, spécialiste de licences telles que Pokémon et Barbapapa, qui a obtenu les droits d'adptation en français. « Il fallait faire une offre financière à la hauteur des enjeux, mais aussi montrer en quoi nous serions les mieux plus placés pour défendre les titres », poursuit la directrice du pôle jeunesse du groupe.
Dans un premier temps, Les Livres du Dragon d’Or publieront l’album Kpop Demon Hunters – Pour les fans !, tiré à 50 000 exemplaires, puis Kpop Demon Hunters – Le livre officiel de posters, dont le premier tirage est annoncé à 30 000 copies. Pensés comme des ouvrages d’appel, ces deux titres visent à capter immédiatement la communauté de fans tout en installant la visibilité de la licence en librairie.
Au printemps, ces premières parutions seront complétées par un roman adapté du film, à paraître chez Pocket Jeunesse en version brochée ainsi qu’en édition collector. Un roman graphique, édité par Les Livres du Dragon d'Or, viendra également étoffer l’offre, tandis que plusieurs albums et livres d’activités enrichiront progressivement la gamme afin de toucher un public plus large.
Un important potentiel narratif
Mais quels éléments du film laissaient présager un tel potentiel d’adaptation ? « Il y a évidemment l’intérêt porté à la Corée du Sud et à la musique K-pop, mais aussi un côté très "girl power" avec trois héroïnes super badass. Le narratif est aussi articulé autour de la famille que l'on se crée, que l’on choisit, ce qui tend par la même occasion à faire valoir le pouvoir de l’amitié », cite Adélaïde Klein.
Outre ces axes majeurs, l’intrigue mise sur deux autres ressorts : la question de l’acceptation de soi, incarnée par une héroïne contrainte au secret, et le trope « ennemies to lovers », sous-genre de la romance, entre le « girl band » et son pendant masculin. « C’est une équation idéale pour une adaptation en livre parce qu’il y a une manne à histoires super forte et stimulante de créativité », renchérit la directrice du pôle jeunesse et illustré.
Avec ce nouveau rendez-vous éditorial, les éditeurs misent sur le fait, qu’à l’instar du film, les livres toucheront un public large et diversifié. Et que cette proposition cross-média pourra faire patienter les fans de la première heure, déjà dans l’attente d’un second film, envisagé pour 2029.
