Grand Prix des Librairies 2026

[Le libraire de l'année] Marianne Bétinas et Mélanie Dumont, pour L’Astragale à Lyon (1/5)

Mélanie Dumont et Marianne Bétinas, gérantes de L'Astragale, à Lyon - Photo Xavier Tschudi

[Le libraire de l'année] Marianne Bétinas et Mélanie Dumont, pour L’Astragale à Lyon (1/5)

Tous les jours cette semaine, Livres Hebdo présente l'un des nommés à l’élection du prix du libraire de l’année 2026, pour laquelle nos lecteurs sont appelés à voter. Aujourd’hui, Marianne Bétinas et Mélanie Dumont, pour L’Astragale à Lyon. Un « duo de choc » tout aussi intello que fantaisiste.

Par Fanny Guyomard
Créé le 28.06.2026 à 16h00

Voilà dix ans qu’elles ont ouvert leur propre librairie, dans le VIe arrondissement de Lyon : L'astragale, du nom d’un os du pied indispensable pour tenir debout. Et le titre d’un roman d’Albertine Sarrazin, reflétant leur envie de proposer des « textes oubliés ».

Depuis, Marianne Bétinas et Mélanie Dumont ont élargi leur choix, surtout en BD, tout en gardant dans leurs 70 m2 et 9 500 références un assortiment « intello », assument-elles : en sciences humaines et sociales, en livres photo de niche (japonais, américains…) et en jeunesse, « où on aime sortir des sentiers battus. Les gens nous font confiance, on peut vraiment s’amuser ! ».

Leur originalité s’illustre dans leurs animations, lorsqu’elles ne proposent plus de rencontre avec un auteur sur une œuvre, mais une conversation entre deux auteurs sur une thématique. À cela s'ajoutent des performances poétiques (avec la slameuse anglaise Hollie McNish par exemple), de nombreuses dédicaces en bande dessinée et des soirées où elles présentent leurs coups de cœur. En faisant librairie comble. Et ce projet : organiser un cycle de conférences avec des intervenants du métier du livre. Éditeur, traducteur, journaliste littéraire…

Manutention et intellect

Elles, vivent leur métier de rêve. « Il est magique, autant intellectuel que physique. On adore la manutention et le côté intello », sourit Mélanie Dumont, passée par Folies d’encre (Montreuil) et Les Arpenteurs (Paris). « Et on peut difficilement rencontrer des gens différents. Des clients qui souvent s’exclament "Oh, mais je suis en train de vous raconter toute ma vie !", quand on les aide dans leur choix. Choisir un livre est très intime », poursuit-elle.

Ce qu’elles aiment le plus ? « À peu près tout ! Travailler avec Mélanie et notre employée Géraldine, c’est un bonheur », loue Marianne Bétinas, qui a fait ses armes chez Page 189 (Paris), Actes Sud (Arles) et Passage (Lyon). Malgré une année difficile financièrement. « Mais on reste excitées comme jamais par la rentrée littéraire, comme si c’était notre première ! Le nombre de rencontres d’auteurs programmées… C’est génial d’être un maillon qui permet ces belles rencontres, d’offrir ça à nos clients. Beaucoup de libraires se plaignent de la surproduction, et en même temps, quelle émulation ! »

Une énergie. Il faut les voir, chaussettes léopard et chemisier coloré, s’amuser à faire des cabrioles à l’envers pour une photo informant que la librairie fait… le pont de mai. Ou hashetaguer leurs publications Instagram par d’amusants #meilleureseriebdever ou #ohjoie.

La tête dans les étoiles, mais bien sûr les épaules. « On a passé tellement d’époques différentes en dix ans… Des variations d’humeur, d’anxiété, de joie… C’est ce que vit tout le monde, et la librairie reflète assez bien ce qui se passe en France. Et nous, on surfe, en essayant de ne pas se casser la gueule. Heureusement, nous sommes meilleures amies, ensemble pour se réjouir, ou s’écouter », esquisse Mélanie Drumont. L’année est pleine de remous, mais le duo de choc tient bon.

Le libraire de l'année 2026

 

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