Livres Hebdo revient sur les ouvrages québécois qui rejoindront les tables des libraires français à la rentrée à l'occasion de la journée « Le 12 août, j'achète un livre québécois ». Créée en 2014 pour célébrer la littérature québécoise et encourager l'achat de livres, cette initiative vise à mettre en lumière la diversité de la création éditoriale de la province canadienne.
De la fiction aux essais, en passant par la bande dessinée et la jeunesse, les parutions de cette rentrée explorent des thématiques multiples : les secrets de famille et les héritages du passé avec La maison du rang Lynch d’Alexie Morin (Le Quartanier) ou la mémoire et la reconstruction après un deuil dans Herbier du souvenir de Jean-François Beauchemin (Québec Amérique) ; le rapport au vivant et à l’autonomie dans Toucher terre de Dominic Lamontagne (Écosociété) ; ou encore les fractures sociales et politiques contemporaines dans Sale guerre de Carlos Manuel Álvarez (Mémoire d’encrier) et L’école, champ de bataille de Francis Dupuis-Déri (Lux éditeur).
Littérature :
- Martine Delvaux, Divas (Héliotrope, 21 août) : Une veille de Noël, Martine Delvaux, qui vient de perdre sa voix, entend Nina Simone chanter « Ne me quitte pas ». C’est une déflagration, une émotion si forte qu’elle fond en larmes. L'autrice comprend qu’il se passe là quelque chose d’essentiel et décide d’enquêter sur les divas : de Nina Simone à Beyoncé, en passant par Céline Dion, Maria Callas, Madonna, Sinéad O’Connor ou Dalida, révélant le traitement réservé aux voix des femmes dans l’espace public.
- Kim Fu, La vallée des esprits vengeurs (Héliotrope, 4 septembre) : Eleanor perd sa mère. Elle dépense son héritage sur une maison dans une vallée, première d'un projet immobilier jamais complété. Lorsqu'un déluge s'abat sur la région, l'eau s'infiltre, mettant en péril l'intégrité de la maison.
- Cristian Fulaş, La forme du silence, traduit du roumain par Florica et Jean-Louis Courriol (La Peuplade, 2 septembre) : Par une journée froide de novembre, quelques personnes sont réunies dans une petite chapelle pour mettre en terre une parente. Le pope frigorifié se hâte de chanter l'office, les fossoyeurs s'enivrent et les invités silencieux se perdent dans leurs pensées…
- Christian Guay-Poliquin, Le mur (La Peuplade, 12 août) : Au cœur d'une ville coupée par un immense mur frontalier, Héléna répare les habitations tandis que la nature reprend peu à peu ses droits. Lorsqu'elle découvre un groupe de tunneliers clandestins, un espoir renaît : franchir enfin la frontière.
- Carlos Manuel Alvarez, Sale guerre (Mémoire d’encrier, 21 août) : L’ouvrage met en scène naufragés et exilés, échoués dans un no man's land où sévissent la chasse aux immigrants et les déportations de masse. Ils attendent un signe qui confirme ou rejette leur droit d'exister. De Cuba aux États-Unis en passant par le Mexique, la France, l'Allemagne, le voyage se fait incertitude…
- Sylwia Krachulec, Apprécie chaque instant (Éditions du passage, 8 octobre) : À travers un texte rythmé comme une comptine, le livre célèbre la gratitude et l'attention portée au moment présent, dans une approche accessible aux enfants comme aux adultes.
- Alexie Morin, La maison du rang Lynch (Le Quartanier, 21 août) : Dans les Cantons-de-l'Est, les frères Vincent et David McCabe grandissent au sein d'une famille minée par les disparitions, le silence et la folie. À 16 et 17 ans, l'un rêve de partir, l'autre de disparaître. En neuf jours et neuf nuits, leurs destins s'entrelacent aux fantômes, aux secrets familiaux et aux failles du temps. Premier volet du Cycle de Wickford Mills, ce roman gothique et psychologique explore l'héritage familial, l'identité et les frontières entre réel et fantastique.
- Lucy Fricke, La fête, traduit de l’allemand par Isabelle Liber (Le Quartanier, 4 septembre) : Le jour de ses 50 ans, Jakob, ancien réalisateur désabusé, refuse de célébrer son anniversaire. Mais son amie Ellen, débordante d'énergie, en a décidé autrement. De surprise en surprise, cette journée dans les rues de Berlin devient un récit tendre et drôle sur l'amitié, l'amour, le pardon et les liens qui façonnent une vie.
- Jean-François Beauchemin, Herbier du souvenir (Éditions Québec Amérique, 20 août) : Deux ans après la mort de son frère, qui souffrait de schizophrénie, un homme revisite leur histoire commune au fil de son quotidien. Grâce à l'amour de ses proches (sa femme Livia, leur vieux chat Lennon, la voisine Madame Vermeulen), grâce aussi à l'intarissable splendeur du monde, il réapprend doucement la joie.
- Isabelle Grégoire, Dans ta flamme (Éditions Québec Amérique, 1er octobre) : Une jeune femme rentre dans sa petite ville du Nord-du-Québec, un peu à contrecœur. Une autre compte y refaire sa vie après être sortie de prison. Leurs destinées seront liées, le sont déjà, et un sort funeste se dessine tandis que flambent les forêts.
Bande dessinée :
- Benoit Tardif, Pizza Punk Aréna (Éditions Pow Pow, 16 octobre) : Dans les années 1990, les ti-culs jouent au hockey dans la rue ou au Super Nintendo dans le sous-sol, le McDo vend de la pizza et Green Day sort Dookie. C’est une grosse décennie pour le petit Benoît qui grandit comme il peut, souvent en décalage…
Poésie :
- Maud Evelyne, Le temps des guêpes (L’Oie de Cravan, 4 septembre) : Le temps des guêpes, c’est la saison des muses, c’est le tourbillon de la vie. Ce premier recueil de poésie de la musicienne et artiste visuelle Maud Evelyne conjugue la luxuriance des fins d’été à la piqûre ordinaire, douce et amère, des jours…
- Elissa Kayal, Histoire de ma gueule (L’Oie de Cravan, 4 septembre) : Il y a la gueule et il y a le monde, la gueule qui tente d'y entrer, de s'y faire une place, de se le faire rentrer dedans, ce monde vaste et brutal et rempli à craquer de matière incisive et de matière douce, monde où la question du pays demeure béante, sans lieu où poser sa mémoire, son désir, ses langues.
Jeunesse :
- Juliette Turcotte, Miam du chocolat, ilustré par Jasmine Mirra Turcotte (Isatis, 2 octobre) : De la cabosse à la tablette, l’autrice retrace l'histoire du chocolat et dévoile les étapes de sa fabrication, qu'il soit noir, au lait ou blanc. À travers des questions simples, elle explique aussi l'origine du cacao, le rôle du cacaoyer et les enjeux du commerce équitable, afin de sensibiliser les plus jeunes aux conditions de production.
- Julie Flett, Tout le monde aime (La Pastèque, 11 septembre) : Les animaux savent aimer, tout comme nous ! Dans cette histoire, des oursons, des canetons, des renards et plein d'autres créatures adorables nous montrent toutes les manières dont l'amour s'exprime.
- Séraphine Menu, Voyageurs (La Pastèque, 18 septembre) : Aujourd'hui, il te semble normal de voir des gens partir en vacances à l'autre bout de la planète. Pourtant, il y a 200 ans, personne n'aurait eu l'idée de planifier une excursion simplement pour le plaisir ! Si les voyages ont toujours existé, le tourisme moderne n'a véritablement vu le jour qu'au 19ᵉ siècle. Depuis, des millions de voyageurs sillonnent le monde…
- Élodie Duhameau, Les apparences sont (souvent) trompettes (Éditions les 400 coups, 24 août) : Nina crie à plein volume et sa face est toute rouge. Ça doit être très grave ! Ah non… Nina avait juste faim, très faim. Les voisines rigolent très très fort. Est-ce qu'elles rient de moi… ? Bien sûr que non ! C'est l'écureuil gourmand aux joues bien remplies qui provoque leurs rires ! Maman dit souvent : « les apparences sont trompeuses. » Euh non… trompettes. Trompeuses ou trompettes ?
- Silvia Borando, Si je te donnais la moitié de ma pomme (Éditions 400 coups, 31 août) : Tout le monde sait que lorsqu'on possède quelque chose, il vaut mieux le garder pour soi ! Du moins, c'est ce que pense l'écureuil de cette histoire. Alors, quand il se retrouve face à la requête d'un éléphant qui souhaite la moitié de sa pomme, il est bien embêté ; s'il lui en donne la moitié… Il ne lui restera que l'autre moitié de sa pomme, c'est si peu, bien trop peu !
Essais :
- Yara El-Ghadban et Rodney Saint-Éloi, Les fascistes n’ont jamais compté les étoiles (Mémoire d’encrier, 5 août) : De la Palestine génocidée à une Haïti en faillite, Yara El-Ghadban et Rodney Saint-Eloi reviennent aux mythes qui ont structuré le monde.
- Francis Dupuis-Déri, L'école, champ de bataille : Misogynie, homophobie, transphobie (Lux éditeur, 4 septembre) : L'école est devenue un véritable champ de bataille. La guerre culturelle s'est propagée parmi les jeunes, entraînant son lot de tensions. D'un côté, des élèves s'opposent avec véhémence au féminisme, raillent leurs camarades féminines, expriment leur mépris pour la diversité sexuelle et de genre ; de l'autre, des jeunes se mobilisent pour la liberté, l'égalité et l'inclusion…
- Nicolas Lauzon, Toundra-Terrasse (Éditions du passage, 15 octobre) : Fidèle à sa démarche documentaire, dans une suite de textes ancrés dans le quotidien, l'auteur raconte sa vie d'enseignant au primaire dans le village inuit de Kangiqsujuaq, au Nunavik.
- Dominic Lamontagne, Toucher terre, Guide d’omniculture responsable (Ecosociété, 4 septembre) : Sans investir trop d'argent et sans disposer d'expérience agricole, Dominic Lamontagne et Amélie Dion se sont installés sur une terre montagneuse à Sainte-Lucie-des-Laurentides, où ils ont su bâtir une fermette écologique capable de leur procurer un niveau d'autonomie alimentaire enviable.
