L’Académie Goncourt a annoncé vendredi 25 septembre le retrait de C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien (Grasset) de sa première sélection pour le prix Goncourt, en raison de plagiats attribués à son auteur et d’analyses concluant à une utilisation massive de l’intelligence artificielle.
Dans un communiqué, l’Académie explique que sa décision intervient « compte tenu des plagiats dont son auteur s’est rendu coupable au fil du temps et qui viennent d’être révélés », ainsi que de « résultats convergents de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes dignes de foi » selon lesquelles le roman serait « selon toute vraisemblance très largement le produit d’une Intelligence Artificielle ».
L’Académie indique avoir pris cette décision afin de « préserver l’intégrité du prix Goncourt » et celle de l’institution, dont le rôle est de « promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes ». Elle dit également vouloir adresser « un message clair » aux participants du Goncourt des Lycéens, du Goncourt des Détenus et des différents Choix Goncourt de l’Étranger, précisant qu’elle ne souhaite pas « cautionner » ou « adouber » la création de textes générés avec l’aide de l’IA.
L'Académie a tranché
La décision intervient alors que C’était ça ou mourir, premier roman de Thélyson Orélien, figurait dans plusieurs sélections de prix de la rentrée littéraire.
Le président de l’Académie, Philippe Claudel, avait appelé à la prudence, mercredi au micro de France info, indiquant n’avoir « à aucun moment » soupçonné une utilisation de l’intelligence artificielle lors de sa lecture du roman. Il estimait toutefois que les éléments avancés devaient être examinés et que le jury pourrait prendre une décision si des « preuves irréfutables » étaient établies.
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D’autres membres de l’Académie Goncourt avaient également réagi à la polémique. Pierre Assouline a déclaré au Figaro que « le sujet s’invitera forcément à notre prochaine réunion ». Éric-Emmanuel Schmitt, interrogé mercredi dans la Grande Librairie a pour sa part affirmé : « Je crois à la parole d’un homme et je ne crois pas à la parole d’une machine. »
Avec le retrait de C’était ça ou mourir, l’Académie Goncourt ne compte désormais plus ce titre parmi les ouvrages en lice pour le prix, qui sera remis le 4 novembre. La deuxième sélection sera annoncée le 6 octobre.
